Rencontre avec une proche aidante

Publié le 8 novembre 2016

Diane Bernard s'est occupée de sa mère pendant cinq ans en tant que proche aidante.

©TC Media - Jessy Laflamme

TÉMOIGNAGE. Diane Bernard s'est occupée cinq ans de sa mère avant qu'elle décède. Sachant ce que ça demande, elle trouve important de souligner la semaine nationale des proches aidants qui se déroule du 6 au 12 novembre.

«Souvent les gens ne se rendent pas compte qu'ils sont des proches aidants, mentionne-t-elle. Toute personne qui vient en aide à quelqu'un d'autre sur une base régulière en est pourtant un», précise-t-elle. Elle donne en exemple faire les commissions pour un enfant, une tante, un oncle, un conjoint ou un parent.

Étant donné qu'elle s'est occupée de sa mère pendant cinq ans, Mme Bernard connaît très bien les défis à surmonter quand on est proche aidant. Elle a même suivi son cours d'infirmière auxiliaire pour être en mesure d'aider sa mère au niveau des soins d'hygiène et de l'alimentation.

«Je travaillais le jour, je terminais de travailler puis j'allais chez elle pour lui préparer à souper. Souvent, mes fins de semaine, je les passais avec elle», se souvient Mme Bernard.  

Une fois sa mère décédée, Mme Bernard a siégé au conseil d'administration de l'Appui Outaouais, un organisme sans but lucratif qui a comme mission de soutenir les proches aidants, pendant cinq ans.

Elle a aussi aidé le comité régional du troisième âge (CR3A) à obtenir des subventions pour offrir des services aux proches aidants de la Petite-Nation comme un groupe de soutien et des cafés-rencontres. Son but est d'inciter les proches aidants à demander de l'aide eux aussi avant d'être rendu au bout du rouleau. Elle souhaite aussi sensibiliser les futurs proches aidants à la réalité de ce qu'ils vont vivre.

Quand j'arrivais dans sa chambre, je voyais ses grands yeux bleus et un immense sourire sur ses lèvres, c'était toujours magique. Diane Bernard

«N'importe qui peut en devenir un et c'est énorme ce que ça demande. On parle de ménage, de lavage, de visites chez le médecin, de commissions, d'organisation du logement, etc.», mentionne-t-elle. Elle ajoute que ce n'est pas facile de voir une personne chère perdre ses capacités une à une. C’est pourquoi elle souhaite bien outiller les gens à ce rôle.

Bien que lourd, être proche aidant peut s'avérer aussi valorisant et gratifiant. Mme Bernard se remémore très facilement, l'amour et la reconnaissance de sa mère une fois rendue au Centre d'hébergement.  «Quand j'arrivais dans sa chambre, je voyais ses grands yeux bleus et un immense sourire sur ses lèvres, c'était toujours magique», partage-t-elle.