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21 Septembre 2018

Louis-Charles Poulin - lcpoulin@lexismedia.ca

Fier de défendre les personnes handicapées

Fier de défendre les personnes handicapées

©La Petite-Nation - Louis-Charles Poulin

Olivier Deschambault est président du Regroupement des associations de personnes handicapées de l’Outaouais (RAPHO).

TÉMOIGNAGE. Atteint d’une paralysie cérébrale depuis toujours, Olivier Deschambault se consacre à une cause qui lui tient à cœur, sa cause, la défense des intérêts et des droits des personnes handicapées.

Il occupe la présidence du Regroupement des associations de personnes handicapées de l’Outaouais (RAPHO) depuis quelques années. «Quand je défends un dossier, j’ai l’impression de me défendre moi-même. Mon handicap n’est pas une fatalité. Je m’en sers pour aider les autres et je m’implique pour que la cause des personnes avec un handicap avance», dit celui qui est heureux du chemin qu’il a parcouru. «Quand j’étais plus jeune, je rêvais d’être où je suis maintenant. Je suis fier de ma vie et je n’ai aucun regret», confie Olivier Deschambault qui doit se déplacer avec une marchette.

Natif et résident de Papineauville, Olivier Deschambault a passé les premiers mois de sa vie à l’intérieur d’un incubateur en raison de sa naissance prématurée. «À l’époque, tout ça était très nouveau. On m’a même déjà dit que si j’étais né quelques années avant, je ne serais pas ici aujourd’hui», confie-t-il d’entrée de jeu. «Au départ, le diagnostic qu’on me donnait et ce que les médecins prévoyaient pour moi c’était beaucoup plus sombre par rapport à ce qui m’est arrivé au fond», dit-il. L’homme de 41 ans se considère «chanceux dans [sa] malchance», car les chances qu’il développe le langage verbal étaient minces, selon les spécialistes.

À l’âge de 14 ans, il a réussi à lire ses premières phrases dans un livre destiné aux enfants en bas âge. «Je me rappelle encore la réaction de mes parents quand c’est arrivé», se remémore celui qui a fait son école primaire à Montebello et qui a ensuite évolué durant son secondaire à Papineauville jusqu’à l’âge de 21 ans. «J’ai surtout vécu l’école dans le système régulier, car j’avais une personne qui m’aidait à l’école. Je crois que j’ai terminé mon secondaire 1 avec des modules spécialisés, mais je ne pense pas avoir passé mon secondaire.»

Malgré qu’il affirme avoir apprécié son parcours scolaire, il remarque que «les gens étaient beaucoup moins sensibilisés à l’époque qu’ils le sont maintenant. Je suis retourné à mon école secondaire dernièrement et j’ai été frappé de voir qu’il y a beaucoup plus de personnes handicapées qu’avant et qu’ils semblent bien intégrés. Les autres élèves sont habitués de voir des personnes handicapées et ils ont plus le réflexe de les aider», estime celui qui est heureux de voir que les personnes comme lui sont mieux intégrées de nos jours. «La sensibilisation doit commencer dès l’école.»

Après les études vient le temps de se trouver un emploi, ce qui «n’est vraiment pas facile» lorsqu’on vit avec un handicap, soutient M. Deschambault. Heureusement pour lui, principalement grâce à l’Atelier de formation socioprofessionnelle de la Petite-Nation (FSPN) où il évolue au quotidien, il a réussi à cumuler quelques expériences en milieu de travail au fil des années. Il a été aide-moniteur, stagiaire au Vidéo-Zone, stagiaire au Musée des Pionniers et aussi journaliste stagiaire au journal La Petite-Nation. «Il faut plus de patrons qui sont prêts à accepter que ce ne soit pas toujours parfait ce qu’on va faire, mais qui sont prêts à s’adapter à nos limitations et à nous donner une chance», lance M. Deschambault.

«Il ne faut pas oublier les personnes avec un handicap.»

Profitant du contexte de la campagne électorale, le président du RAPHO demande au futur gouvernement «de ne pas oublier les personnes avec un handicap dans leurs décisions».  

À son avis, davantage de mesures devraient être mises en place pour exiger aux commerces d’être accessibles pour tous. «Il y a des incitatifs, mais il n’y a pas de conséquences pour les entreprises qui ne sont pas réellement accessibles. Parfois c’est indiqué que certains commerces sont accessibles, mais on aurait plutôt dû marquer : accessibilité avec aide.»

M. Deschambault indique qu’il est aussi important de soutenir davantage les organismes qui offrent du transport aux personnes comme lui. Dans son cas, il informe se servir régulièrement des services de la Corporation des transports adapté et collectif de Papineau (CTACP). «Il y a vraiment des enjeux différents en Ville et en campagne et on ne peut pas traiter les deux de la même façon», dit celui qui voudrait aussi voir des améliorations au sein du système de santé.

Pour finir, M. Deschambault souligne qu’il entrevoie l’avenir avec optimisme. «J’y vais au jour le jour. Je ne sais pas ce qui va arriver, mais je pense que ça va être bien», conclut-il.

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