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07 décembre 2018

Antony Da Silva-Casimiro - adasilvacasimiro@lexismedia.ca

Des boxeurs à fort caractère

Gala de boxe Union

Samuel Dulac

©Gracieuseté

BOXE. Un est sourd. L’autre est atteint de fibrose kystique. Qu’ont Samuel Dulac et Milix Gagnon en commun? Ils sont tous les deux pugilistes au club de boxe BG, à Buckingham.

Marcellin Gaumont le dit sans retenue: ses boxeurs ne sont pas des pleurnichards. De mémoire, il n’a eu qu’à annuler deux combats dans toute sa carrière d’entraîneur. Quand il se présente au club, il sent la fierté et l’orgueil qui émanent de ses combattants qui refusent de chigner.

Samuel et Milix pourraient se cacher derrière leur différence, mais non. Ils rentrent également dans le moule des boxeurs avec un caractère fort et prêt pour les épreuves.

«Au lieu de se mettre des barrières, ils veulent toujours relever des défis. Ils sont des fonceurs. La vie n’a pas toujours été facile pour eux, mais ils continuent de pousser. Ils en veulent plus.»

Pas d’excuse

D’abord protégé de Stéphane Joanisse au club La Petite-Nation, Samuel Dulac a démarré la boxe à la fin de l’adolescence. Au début pour la remise en forme. Puis aussi pour l’estime de soi. Après une pause de quelques années, le jeune homme de 22 ans a repris l’entraînement dans le cadre d’un défi personnel.

Déjà que se battre n’est pas une mince tâche, être sourd pourrait sembler être un désavantage. L’étudiant en argonomie à l’Université Laval ne le voit pas du même œil. Il entend montrer toute sa force et ses qualités, ce samedi alors que la tournée Alexandre Iracà s’arrêtera à Papineauville avant de clore l’année en cours.

«La surdité amène une certaine adaptation dans toutes les sphères de ma vie, indique Samuel et pas seulement sur le plan sportif, mais également social ou à l’école. Un cours de trois me demande beaucoup de concentration et de travail en dehors des heures de classe.»

«L’effort et la persévérance dont je fais preuve sont quelque chose qui me rend fier. J’ai appris au cours de mon adolescence que j’étais différent et que je devais apprendre à vivre selon moi et surtout ne pas me comparer aux autres. Ces difficultés continueront à être là. Je dois juste regarder en avant de moi et ne pas avoir peur de foncer», ajoute-t-il.

Celui qui a déménagé à Québec pour les études et porte également les couleurs du club Empire l’admet: il n’entend absolument rien lorsqu’il entre dans le ring, laissant son appareil auditif dans le vestiaire.

Les premières séances de sparring n’ont pas été de tout repos… pour ses adversaires. Lorsque la cloche retentissait, ceux-ci arrêtaient bien évidemment. Pas Samuel, qui ignorait que c’était la fin de la séance.

Ses entraîneurs ont donc dû trouver des codes. Son opposant à l’entraînement croise les bras lorsque c’est la fin. Ou encore on cogne au plancher, créant des vibrations que ressent le natif de Papineauville.

«Mais je ne crois pas qu’on peut faire ça dans un combat. Il faudra trouver quelque chose d’autre», avoue le principal intéressé qui entend contacter Maude Bergeron, une ancienne championne canadienne de la boxe qui elle aussi est sourde.

Samedi sera donc un test pour le boxeur de Papineauville qui entend enchaîner les combats en 2019. Il vise ainsi une participation aux Gants de bronze également.

Mais peu importe le résultat, personne ne pourra enlever à Samuel la force de caractère dont il fait preuve en montant dans le ring ce week-end.

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