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30 Janvier 2018

Louis-Charles Poulin - lcpoulin@lexismedia.ca

Lochaber-Partie-Ouest accusée de vouloir freiner le développement

©Photo La Petite-Nation - Louis-Charles Poulin

URBANISME. Un nombre record de citoyens se sont présentés à Lochaber-Partie-Ouest pour la consultation publique portant sur certaines modifications que compte apporter la municipalité à son plan d’urbanisme et au zonage. 

L’audience était en majorité composée de promoteurs et de propriétaires mécontents, principalement en raison de l’adoption des projets de règlements 322-18 et 325-18 adoptés par le conseil municipal le 8 janvier. La séance de consultation publique s’est, donc, déroulée dans un climat de tension. «Lochaber-Partie-Ouest veut mettre la hache dans le développement», estime un propriétaire et développeur, Bernard Arsenault. Il accuse également la municipalité de vouloir procéder à une «expropriation déguisée» avec les modifications proposées. «On a des endroits où on serait prêts à construire, mais en ce moment on ne peut rien vendre et on se trouve avec une valeur à zéro de certains investissements qu’on a faits», mentionne Maude Larose des Constructions Alaro. Ceux-ci font partie d’un regroupement d’une dizaine de propriétaires de terrains qui ont mandaté un consultant en urbanisme, un avocat, un comptable ainsi qu’un arpenteur pour analyser les modifications que souhaite apporter la municipalité.  

Le projet de règlement 322-18 porte sur le lotissement (règlement 235-00) et a pour objectif de faire passer la superficie minimale des nouveaux lots à l’intérieur de la zone Forestière de production (FOP-a) de deux acres à quatre acres. Cela a pour but de préserver le couvert forestier pour divers bénéfices, de s’inscrire dans une perspective de développement durable et d’assurer de garder la qualité de vie des citoyens, indique le maire de la municipalité, Pierre Renaud. «Les gens veulent habiter la campagne et conserver leur tranquillité. Ils l’ont indiqué dans un sondage en 2013 et ils me l’ont dit pendant mon porte-à-porte», affirme-t-il en précisant que les propriétaires actuels possèdent un droit acquis qui leur permet  tout de même de construire sur leur terrain même s’il est moins de quatre acres. «Tout le monde peut acheter des terrains de quatre acres […] Je ne vois pas de problématique», estime-t-il.

Pour sa part, le projet de règlement 325-18 porte sur le zonage (règlement 235-00) et vise à adopter une nouvelle norme d’implantation pour les bâtiments à proximité de l’autoroute 50, entre autres, dans le but de réduire les problèmes reliés à la sonorité. «On veut éviter des problèmes futurs […] On ne veut pas avoir à se payer un mur antibruit dans le futur», explique le maire. Ainsi, la municipalité souhaite interdire la construction de nouveaux bâtiments à moins de 200 mètres de l’emprise de l’autoroute, ce qui est loin de faire l’affaire des propriétaires concernés. Cependant, M. Renaud se dit ouvert à reconsidérer sa position et possiblement réduire la distance entre les bâtiments et l’autoroute. Lors de la consultation publique, il a été mentionné qu’il serait probablement possible de réduire la distance jusqu’à 125 mètres comme le permet le schéma d’aménagement de la MRC de Papineau. De plus, le maire reconnait qu’il faudrait un droit acquis, ce qui n’est pas le cas présentement,  pour  les propriétaires de terrains qui sont déjà à moins de 200 mètres de l’artère routier. «On va discuter de ça au prochain caucus et on devrait arriver avec une modification au prochain conseil de février», informe-t-il.

Les gens veulent habiter la campagne et conserver leur tranquillité. -Pierre Renaud

Le regroupement de promoteurs et de propriétaires espère que la municipalité reverra ses positions concernant plusieurs éléments qu’elle souhaite mettre en vigueur. Ceux-ci estiment que l’adoption de ces nouveaux règlements pourrait leur faire perdre aux alentours de 12 millions $ en ventes potentielles au total. Ils estiment aussi que les modifications pourraient représenter une perte de 375 000 $ annuellement au niveau des revenus de taxation de la municipalité.

Pour finir, la municipalité a fait savoir que, selon ses estimations, l’adoption des règlements proposés ne viendrait pas mettre la «hache» dans le développement, puisqu’il y aurait suffisamment d’endroits pour construire des résidences pour encore longtemps. Le maire confie être heureux du nombre de citoyens qui se sont présentés pour s’exprimer et dit comprendre les inquiétudes de la population. «On va prendre les commentaires et regarder avec l’urbanisme pour voir s’il y a des modifications à apporter ou pas», conclut-il.

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