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28 Avril 2017

Epsilon tire son épingle du jeu dans la mode

©Photo TC Media - Jessy Laflamme

ÉCONOMIE. Alors qu'il n'existe pratiquement plus de designer québécois, car les vêtements se font maintenant davantage en Chine,  à Saint-André-Avellin, on retrouve toujours Epsilon, un designer de manteaux.

Depuis 47 ans, Epsilon confectionne une collection de trois types de manteaux chaque année. Certains sont composés de laine alors que d'autres sont faits de laine et d'agneaux. On en retrouve aussi conçus seulement à partir d'agneaux. «De cette façon, on est en mesure de plaire à davantage de clients et de bourses», précise la designer couturier et copropriétaire de l'entreprise, Denise Vaillancourt. Ces manteaux sont vendus à Montréal à la Place de la mode.   

©Photo TC Media - Jessy Laflamme

Epsilon produit plusieurs modèles de manteaux chaque année.

À une certaine époque, l'entreprise embauchait une vingtaine de personnes. Aujourd'hui, ils ne sont que cinq employés incluant les trois propriétaires, Claude Ricard, Denise Vaillancourt et Rachel Legault, et c'est correct ainsi selon les dires de Mme Vaillancourt qui y travaille depuis plus de 30 ans.

©Photo TC Media - Jessy Laflamme

La manufacture d'Epsilon est artisanale, mais fonctionnelle.

Il faut dire que les propriétaires n'ont jamais eu à mettre des personnes à pied. «Ça s'est fait tout seul, indique Mme Vaillancourt. Certains sont décédés, d'autres ont eu le cancer ou sont à la retraite.»

L'un des défis actuels est d'ailleurs de trouver des couturières. «La plupart sont maintenant à la retraite», précise la designer. Malgré ce facteur, chaque année, les propriétaires d'Epsilon réussissent à remplir leurs commandes.

Le coût des matériaux est un autre facteur important à ne pas négliger pour les entrepreneurs. «Juste en matériel de base, c'est 450 $ pour un manteau. Il n'est pas assemblé, pas taillé, etc. On utilise donc tout, on n'a rien qui se perd», spécifie Mme Vaillancourt.

L'attribution des salaires est un autre facteur ayant contribué au succès de cette entreprise. «Survivre c'est déjà du sport. On a bien géré les affaires, en s'attribuant des salaires raisonnables pour être en mesure de survivre lors des années plus difficiles», explique-t-elle.

Les employés ne recevaient pas d'augmentation salariale. Ils se partageaient plutôt une partie des profits de l'entreprise en fonction de leur nombre d'heures travaillées. Depuis quelques années, les bonus sont parfois plutôt rares. Pour remédier à la situation, Epsilon propose une collection avec un plus large échantillonnage de prix cette année.

De Montréal à Saint-André-Avellin

À la fin de sa vingtaine, Mme Vaillancourt créait des vêtements en soie sous l'appellation À l'image de soie.

Dans un salon de mode, elle a rencontré Claude Ricard, le propriétaire de l'entreprise d'Epsilon. Il l'a convaincue de se joindre à son entreprise pour devenir designer de manteaux.

«J'étais dans l'extravagant. Je teignais des jupes de soie avec plein de design comme des briques avec des graffitis, raconte-t-elle. Faire des manteaux et respecter des contraintes m'a permis de toucher à un autre aspect de ma créativité.»

Quelques années plus tard, Mme Vaillancourt a complété des études à l'école Robinson pour devenir couturier. Les années suivantes, Epsilon a remporté des prix pour la plus belle collection et design de l'année.

Aujourd'hui, l'entreprise poursuit ses activités malgré les obstacles des dernières années. Des projets de manteaux pour hommes sont même sur la table. «Souvent les gens pensent qu'être designer c'est glamour. Ils oublient qu'il faut faire ce que le monde veut. Les choses flyées se vendent moins bien», affirme Mme Vaillancourt qui dit n'avoir jamais regretté son choix de s'établir à Saint-André-Avellin et de travailler pour Epsilon.

Récemment, l'entreprise avellinoise a changé de nom sur ses étiquettes de manteau pour Mon pays c'est l'hiver. «C'est un virage que nous avons pris dans la collection il y a trois ans», souligne Mme Vaillancourt.

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