Du bois d'ingénierie fait à Ripon

Marie-Charlotte Paquette marie-charlotte.paquette@tc.tc
Publié le 16 juillet 2015

Le préfet suppléant, Stéphane Séguin, le président de CLT Canada, Michel-Arnaud d'Abbadie d'Arrast, le député fédéral Jacques Gourde et le maire de Ripon, Luc Desjardins ont participé à l'ouverture officielle de l'entreprise

©Photo TC Media - Marie-Charlotte Paquette

INVESTISSEMENT. Une nouvelle usine a ouvert ses portes, créant une dizaine d'emplois directs d'ici un an, à Ripon. L'usine de bois lamellés-croisés CLT de l'Outaouais a pour objectif de s'insérer dans le marché de la construction d'édifices résidentiels et commerciaux en faisant concurrence aux matériaux traditionnels.

La moitié des emplois estimés seront en usine, alors que l'autre sera composée d'ingénieurs ou de techniciens en ingénierie et en architecture. «C'est énorme, croit le maire de Ripon, Luc Desjardins. On n'a pas ça tous les jours, malheureusement le climat économique est difficile ces temps-ci. C'est une nécessité d'avoir des professionnels qui s'installent ici, pour équilibrer notre économie.» Le maire croit que l'usine amènera également de la pérennité aux emplois indirects liés à ce secteur. «C'est une très bonne nouvelle, fait savoir le préfet suppléant de la MRC de Papineau, Stéphane Séguin. C'est un pas vers le développement économique, ça enrichit notre région.»

Le président de CLT Canada, Michel-Arnaud d'Abbadie d'Arrast estime à une quinzaine le nombre d'emplois indirects soutenu par l'entreprise, dont Matériaux durables Outaouais, aussi situé à Ripon, devrait fournir les panneaux-planches, d'ici six mois à un an. C'est au contact de ce futur partenaire que CLT de l'Outaouais s'est installé dans ce secteur, car l'approvisionnement vient présentement de Saint-Félicien, pour les petites dimensions et d'Europe pour les plus grandes. L'entreprise serait la première dans son domaine à se servir de panneaux-planches en Amérique du Nord, à se servir de panneaux-planches faits de bois de feuillus, au monde, ainsi que les premiers en Amérique du Nord à fabriquer des murs de dimension de 12 pieds par 34 pieds.

Un investissement de près de 375 000$ remboursables a été offert à l'entreprise pour qu'elle se dote des équipements de fabrication nécessaires, par développement économique Canada. Les investissements totaux générés par le projet son de près de 1 239 000$.

Le bois lamellés-croisés, ou CLT sert de bois structurel pouvant composer planchers, murs ou toiture. Il est composé de trois épaisseurs croisées, collées et pressées de panneaux-planches. Chacun de ses derniers est fait de bouts de planches collées pour former des panneaux allant jusqu'à 12x34 pieds de superficie. L'épaisseur du CLT dépend du besoin de la construction, mais avoisine habituellement les six pouces. Il présenterait plusieurs avantages en construction par sa solidité et sa rapidité d'installation, considérant qu'il est fabriqué en usine et qu'il s'assemble en peu de temps.

Le marché est florissant, selon M. d'Abbadie d'Arrast. «Le bois d'ingénierie CLT est parti de zéro, en Europe, il y a 15, 20 ans, et le marché en serait à un milliard actuellement, explique-t-il. Le marché ici est estimé à cinq milliards. Présentement, les projets excèdent de beaucoup la capacité de production canadienne. Ce qu'on fait, c'est répondre à la demande.»

CLT de l'Outaouais travaille déjà sur un projet de toiture d'aréna, en banlieue de Québec, ainsi que sur un autre projet à Toronto. L'entreprise effectue également des tests sur différentes essences de bois de la région, pour mieux les connaître, car ils désirent utiliser d'abord le bois local. La production officielle devrait débuter à la mi-septembre.