La communauté artistique est en deuil

Publié le 28 février 2017

Claire Guérette, une grande artiste en arts visuels de l'Outaouais, s'est éteinte dans la nuit du 28 février.

©Photo gracieuseté

DÉCÈS. L'artiste avant-gardiste, Claire Guérette, a succombé à son cancer du pancréas dans la nuit du 28 février, laissant un grand vide dans le cœur de plusieurs artistes en arts visuels.

:«Elle a été une précurseure dans bien des domaines, souligne sa grande amie et artiste Joanne Migneault (Migno). Elle a été l'une des premières à faire du papier et ensuite l'une des premières à faire de la fibre et des arts textiles.»

Mme Guérette habitait à Gatineau et possédait son atelier de travail à Saint-André-Avellin. Elle était donc connue à travers l'Outaouais puisqu’elle prenait part à plusieurs événements culturels au cours de l'année, dont FemmExpo, un collectif soulignant la Journée de la femme à Saint-André-Avellin.

«Nous allons lui rendre un hommage, samedi soir, lors du vernissage, car elle avait présenté une œuvre encore cette année qu'il sera possible de voir», explique la directrice générale du Centre d'action culturelle de la MRC de Papineau (CACP), Émilie Laverdière.

Outre FemmExpo, Mme Guérette était aussi une habituée du Recycl'Art qui s'est déroulé à Montpellier pendant plusieurs années ainsi que de la Triennale internationale des arts textiles en Outaouais. De plus, en 2013, elle a conçu le mouton géant situé sur la route 317 à la Fromagerie Les Folies Bergères à Saint-Sixte dans le cadre d'un projet avec le CACP.

«Elle est une référence en arts textiles», souligne Mme Laverdière qui se remémore de ses conversations avec Mme Guérette. «J'ai toujours apprécié sa présence et nos bonnes discussions. Elle croyait beaucoup au développement culturel de la région», indique la directrice générale.  

Il y a des moutons qui suivent les autres et il y a ceux qui partent des courants. Claire a été une avant-gardiste dans plusieurs domaines. Elle avait un côté légende et historique, car elle travaillait des métiers qui disparaissent. Elle a fait vivre le filage et le papier. -Joanne Migneault

Étant diplômée de l'Université du Québec en Outaouais en arts et design et possédant un certificat en éducation des arts plastiques et en animation, Mme Guérette aimait partager son savoir. «Elle était très généreuse, précise Mme Migneault. Les gens à qui elle donnait des cours sortaient avec la tête pleine de savoir et les bras pleins. Même avant de partir, elle a pris soin de léguer plusieurs choses à des artistes. Pour elle, la transmission était quelque chose d'important.»

Mme Guérette a même aidé son amie Jeannette Veillette-Guindon à trouver des personnes dont elle avait besoin pour opérer des machines spécifiques en lien avec l'art avant son départ. «Du lit de son hôpital, elle a créé les liens, affirme Mme Veillette-Guindon. Elle avait un souci de tout organiser avant de partir. La dernière fois que je l'ai vue, il y a un mois et demi, elle avait un bon moral. Elle avait accepté la situation.»
Mme Migneault et Mme Veillette-Guindon connaissent Mme Guérette depuis 38 ans. Les trois femmes se sont connues, car elles ont eu des enfants pratiquement en même temps.  «Nos enfants sont nés tous les deux le 14 décembre 1978 et le CLSC nous avait approchées pour ouvrir le pont magique. Le but était d'organiser des activités pour les enfants», raconte Mme Veillette-Guindon.

Au fil du temps, des amitiés sont nées entre ces femmes. Selon Mme Migneault, Mme Guérette était d'ailleurs très bien entourée lors de sa maladie. «Quand nous l'avons appris pour son cancer, nous avons créé un rassemblement chez elle où plusieurs artistes étaient présents. On a fait un tour de chant et on a pleuré tous ensemble.»
Ce qui manquera le plus à ces deux femmes est les conversations avec leur amie maintenant partie. «On pouvait jaser jusqu'à 4 à 5 h du matin sous la pergola avec un verre de vin, on refaisait le monde», partage Mme Migneault. C'est le même son de cloche pour Mme Veillette-Guindon. «On pouvait passer nos après-midi à jaser, à philosopher.»

Mme Guérette laisse dans le deuil, en plus de nombreux artistes de l'Outaouais, ses deux filles Mélanie et Joelle Plouffe ainsi que son mari André Plouffe avec qui elle a passé plus de la moitié de sa vie. «Claire était une femme de famille. Elle aimait ses deux précieuses filles et son mari était toujours là. Ils se sont rencontrés jeunes et il était toujours présent. Il en a charrié de la laine», mentionne Mme Migneault.

La Galerie Montcalm a sélectionné une œuvre de Claire Guérette pour une exposition qui se déroulera en juin. «Elle va vivre jusqu'en juin, où l'on retrouvera de ses œuvres dans les expositions. On a le temps de la revoir», se réjouit Mme Migneault.

Il est encore trop tôt pour connaître la date des funérailles.