Clown et experte en marketing

Jessy Laflamme jessy.laflamme@tc.tc
Publié le 27 novembre 2013
Michelle Lafontaine

Après avoir complété un double baccalauréat à l'Université en administration et en loisir et accumulé une dette d'étude de 20 000 $, Michelle Lafontaine a décidé de devenir… clown.

Cette jeune femme native de la Petite-Nation s'est donc dirigé direction États-Unis pour suivre des cours dans ce domaine. Lorsqu'elle l'a annoncé à ses parents, ils étaient très réticents. Ils n'y voyaient qu'une aventure folle, mais au fil des ans, ils ont vu l'entreprise de leur fille, Clownatec, grossir à Gatineau. Aujourd'hui, ils en tirent une grande fierté d'autant plus qu'elle a obtenu le prix Marketer of the year pour l'ensemble de son marketing 2013. «J'ai refait tout le «branding» de mon entreprise, j'ai créé des sites web pour chaque marché que je touche, soit les écoles, le corporatif et les fêtes d'enfants. En fait, tout ce travail entourant l'image a commencé avec l'illustration de la voiture de la comagnie.»

L'administration de son entreprise est certes une passion pour Mme Lafontaine, mais être clown prend encore le dessus dans son cœur. Il faut dire qu'elle a réalisé sa première structure en ballon il y a 27 ans. Pendant ses études universitaires, cette entrepreneure était embauchée en tant que clown au marché By à Ottawa. Cette expérience lui a donné la piqûre. «Je savais depuis l'âge de 13 ans que j'aurai mon entreprise, mais je ne savais pas de quoi», raconte-t-elle.

Aujourd'hui, elle gère une dizaine d'employés et tente d'en recruter de nouveau pour permettre l'expansion de Clownatec. D'ailleurs, lors du It factor live, l'événement annuel destiné aux magiciens pour enfants où elle a gagné son prix, on lui a suggéré d'ouvrir des franchises. «C'est un projet à moyen terme que je compte concrétiser, indique-t-elle. Cependant, avant, je veux faire une tournée du Québec et de l'Ontario avec mes spectacles de magie éducatifs.»

Puisque la qualité est importante pour elle, Mme Lafontaine offre une formation de 200 heures à ses employés. Avant de monter sur scène, ils doivent aussi cumuler 200 heures de pratique. Elle est très consciente que sans eux, elle ne serait pas rendue là où elle est. «Ils travaillent avec moi et non pour moi», dit-elle.

L'objectif quotidien de cette femme d'affaires est de faire sourire les gens. «J'adore faire le clown, c'est toujours positif. Un sourire, ça ne s'achète pas, ça se gagne. Ainsi, je peux faire une différence dans la vie des gens», souligne celle qui n'a pas l'intention d'arrêter ce métier.

Elle veut aussi, par ses passages à l'école, tenter d'accrocher des jeunes. «Je donne des ateliers de maquillage, et si je peux permettre à un élève de développer un intérêt pour ce domaine, j'aurai atteint mon but. Je crois que beaucoup de personnes hésitent à vivre de leur passion. Quand on se dirige vers une profession aussi hors du commun, on ne reçoit pas que des encouragements, mais la récompense vaut le coup», affirme-t-elle.

Mme Lafontaine a gagné son prix aux États-Unis, car 22 des 30 participants ont voté pour sa compagnie.