Les policiers appelés à la mairie de Lac-Simon pour expulser des conseillères

Publié le 31 janvier 2017

Un policier a fait une visite à la mairie de Lac-Simon, mardi matin.

©Photo TC Media- Jessy Laflamme

POLITIQUE. Le maire de Lac-Simon, Jacques Maillé, a téléphoné à la Sûreté du Québec, mardi matin, pour expulser les conseillères Odette Hébert et Chantal Crête, qui désiraient assister à la rencontre de la plénière.

Les autres membres du conseil municipal, soit Louise Houle Richard, Michel Lavigne, Gilles Robillard et Jean-François David ont exclu ces conseillères des comités municipaux et des séances des plénières en octobre 2014, car elles auraient divulgué de l'information confidentielle à une journaliste de la Gazette. 

Odette Hébert et Chantal Crête, étant tannées d'être écartées et de ne pas avoir en main toutes les informations pour prendre des décisions à la séance du conseil municipal, ont toutefois décidé de se présenter à la rencontre de ce matin, ce qui a surpris leurs collègues.

«Nous avons voté et les élus ont décidé qu'elles ne pouvaient pas assister à la rencontre pour les mêmes raisons qu'en 2014. Puisqu'elles ne désiraient pas partir de leur plein gré, nous avons téléphoné à la Sûreté du Québec pour qu'elles soient expulsées», explique le maire de Lac-Simon, Jacques Maillé.

Un policier de la Sûreté du Québec s'est donc rendu sur place. Il a discuté environ une demi-heure avec le maire dans son bureau avant que celui-ci ne demande aux quatre autres conseillers de venir eux aussi voir le policier. Pendant ce temps, les deux conseillères attendaient dans la salle municipale. Il n'était pas question pour elles de quitter les lieux. Elles étaient même prêtes à se faire embarquer par la police.

Cependant, la Sûreté du Québec ne pouvait pas procéder à leur expulsion, car elle n'avait aucun motif pour les arrêter et parce que la salle municipale est un endroit public.

Le comité plénier, visant à préparer la rencontre municipale de vendredi soir, a donc été ajourné. Mme Hébert a demandé à être informée de la tenue des prochaines rencontres.

De son côté, le maire lui a répondu qu'elle avait toutes les informations en main pour prendre les décisions, car elle et Mme Crête reçoivent toute la documentation en lien avec les dossiers municipaux avant les rencontres des séances publiques du conseil. Mme Hébert soutient toutefois avoir demandé des informations en lien avec le budget qu'elle n'a toujours pas reçues.

Éventuellement, les élus de Lac-Simon pourraient se rencontrer dans une résidence d'un conseiller municipal afin de tenir leurs prochaines plénières. De cette façon, les deux conseillères ne pourraient pas y assister, car il s'agit d'une résidence privée. «Je ne sais pas si c'est ce que nous allons faire. Il va falloir regarder ce qui va devoir être fait pour les prochaines plénières, mais c'est sûr et certain qu'on va devoir vérifier avec notre procureur tous ces détails-là pour ne pas se mettre dans une position vulnérable et pour que tout soit légal», affirme M. Maillé. Mme Crête déplore la situation et  trouve tout ce processus antidémocratique.