Savez-vous planter du ginseng?

Michèle Marchand redaction.outaouais@tc.tc
Publié le 30 août 2011

Une nouvelle piste s'ouvre pour l’agroforesterie et passe par la culture d'une plante mythique: le ginseng… La plante, considérée en Chine comme une panacée et déjà reconnue pour ses grandes vertus médicinales par les Premières Nations de notre pays, pousse en effet très bien dans les vieilles érablières!

Bien que le projet ait débuté il y a un an au sein du CREDETAO, dans l'esprit écolo-allumé de Bernard Larouche, et se soit développé ensuite en collaboration avec le CLD et la MRC Papineau, il vient à peine de donner naissance à nouveau club (il y a quatre mois) dans la région: Le Club de Producteurs de Ginseng de la Vallée-de-la-Gatineau (CPGVG)! Bonne nouvelle: le club, qui compte déjà 25 membres, est toujours en recrutement.

Son but? Il se propose de mettre en branle la culture à plus ou moins grande échelle d'une variété de ginseng native du Québec, et ce, au cœur de nos érablières. «En rentabilisant certains services de la forêt, explique Rudi Markgraf, biologiste pour le CREDETAO et secrétaire-trésorier du club, on peut contribuer à la protection de certains écosystèmes. En effet, le ginseng pousse mieux dans les vielles forêts, donnant aux propriétaires terriens une motivation pour garder leur forêt ancienne et un revenu d’appoint.»

Le beau de l'histoire? Le ginseng (qui demande huit ans avant d'être récolté!) serait cultivé sans pesticides dans nos forêts puisqu'il pousserait dans son habitat naturel, contrairement à ce qui se passe pour la culture en champs. Avec pour résultat un produit beaucoup plus sain et donc beaucoup plus efficace et qui se vendrait plus cher. «La cultre en champs à très grande échelle a fait chuter les prix», dit Rudi. Le but de la culture en sous-bois consiste à obtenir des racines de formes et de qualité quasi identiques aux racines sauvages. «Ce qui ferait de notre ginseng un produit de plus grande valeur et donc qui se vendrait plus cher sur le marché.» Environ 90% de la production du ginseng au Canada se fait en champs sous ombrières. Parce qu'il faut savoir que le ginseng n'aime pas croître au soleil… «Au Québec, on estime qu'il n'y a présentement que 100ha de ginseng cultivé en forêt comparativement à plus de 800ha en Ontario. Pourtant, notre abondance de forêts privés nous donne le potentiel de devenir un grand joueur dans cet immense marché international», croit Rudi.

Devenir producteur de ginseng peut se faire sans grand investissement. Si vous possédez une forêt composée à 70% de feuillus, il ne vous en coûtera que la semence et la main-d’œuvre. Le Club offre de plus ses services (rémunérés, bien sûr) pour la préparation du site, l’ensemencement et la récolte (il vend aussi la semence, bien sûr). Il offre aussi des consultations sur place. «Le choix de site se fait en observant le couvert forestier (70 à 80% d’ombrage), le drainage (bien drainé) et le type de sol (loam limoneux ou sableux). Une analyse de sol est parfois nécessaire», explique encore Rudi.

La plantation se fait avant les premières neiges, après avoir dégagé l'espace. Le semis se fait à la volée et doit être recouvert de feuilles mortes. Les graines germeront au printemps suivant. Puis, il faut surveiller la culture jusqu’au point de récolte soit sept à 10 ans plus tard! C'est long? «Ok, mais si on plante le ginseng à chaque année, on peut s’assurer d'en récolter en continu!» explique Rudi.

Ça vous intéresse ou vous voulez plus de détails? Contactez Rudiger Markgraf, rudi@markgraf.ca ou Bernard Larouche 819 427-5511 poste 462 au CREDETAO.

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