Le 6 juin 2010, alors qu’elle s’adonnait à l’un de ses loisirs favoris, le bingo, la septuagénaire s’est subitement effondrée, terrassée par un arrêt cardio-respiratoire. Témoins de la scène, son conjoint ainsi que l’une de ses filles ont évidemment craint le pire. Peut-être ne s’attendaient-ils pas à ce que deux paramédics lui sauvent la vie grâce à leur rapidité d’intervention.
À quelques kilomètres de là, les deux paramédics sortaient de l’hôpital de Gatineau lorsqu’ils ont reçu un mémo à l’effet qu’un appel 911 pourrait s’avérer un cas d’arrêt cardio-respiratoire. Inquiets, ils n’ont pas attendu d’en avoir la confirmation.
«J’étais au volant, j’ai décidé de faire un virage en U. J’avais l’intuition qu’il se passait vraiment quelque chose de grave, alors on s’est mis en mode urgence et on a eu en chemin la confirmation qu’il y avait une dame en arrêt cardiaque. Nous étions sur place en l’espace de deux ou trois minutes, avant même les policiers et pompiers», raconte Simon, qui compte deux années d’ancienneté.
Les deux paramédics font partie des récipiendaires des dizaines d’honneurs remis par la Coopérative des paramédics de l’Outaouais mardi soir en marge du Gala reconnaissance 2012, lors duquel plaques de reconnaissance, médailles et barrettes ont été décernées.
À leur arrivée au Bingo Gréber, les deux professionnels ont rapidement entamé les manœuvres de réanimation, la dame étant inconsciente. Tout s'est par la suite déroulé à la vitesse de l'éclair, chaque seconde étant cruciale.
«On a dû utiliser le défibrillateur à trois reprises, en plus de devoir l’intuber. On a remarqué à un certain moment un mouvement des yeux, son pouls était très faible, mais il a repris. Et une fois à l’hôpital, elle a fait un autre arrêt. Ils l’ont réanimé puis on l’a transférée à l’hôpital de Hull, où elle a été prise en charge par un cardiologue», poursuit le paramédic.
Fière arrière grand-maman à 16 reprises, Mme Renaud-Bigras n'avait de que de bons mots pour ses sauveurs. «Je les remercie d'être encore sur Terre. C’est la première fois que je les revois, je ne connaissais même pas leurs noms. Pour moi, c’est vague, je ne me rappelle de rien», dit-elle.
«C’est inexplicable, on reste sans mots, c’est merveilleux. Tout ce qu’on espère dans notre métier, c’est que les gens s’en sortent bien et sans séquelles. Notre grande fierté, ce qui nous réconforte, c’est que les gens reviennent à la maison ensuite et passent du temps avec leurs proches» - Ryan Gagnon, paramédic
Sa fille Hélène, qui a vu de ses propres yeux sa mère en détresse, tenait elle aussi à assister à la cérémonie. «Je les félicite grandement, même si pour moi, ce qui est arrivé à ma mère représente un souvenir que je préfère oublier», lance-t-elle.
Ryan Gagnon, pour qui il s'agissait de la toute première réanimation en carrière, le moment est difficile à décrire. «C’est inexplicable, on reste sans mots, c’est merveilleux. Tout ce qu’on espère dans notre métier, c’est que les gens s’en sortent bien et sans séquelles. Notre grande fierté, ce qui nous réconforte, c’est que les gens reviennent à la maison ensuite et passent du temps avec leurs proches», souligne-t-il.
Fait inusité, pour son collègue Simon, il s'agissait d'une seconde réanimation en une seule et unique semaine. «Je ne sais pas ce qui s'est passé, c'est magique», raconte ce dernier.
Se disant en pleine forme aujourd'hui, presque deux ans plus tard jour pour jour, la septuagénaire que le duo a sauvé profite à fond de la vie. «Je joue encore au bingo!», s'exclame-t-elle en souriant. Comme le dit si bien l'expression, tout est bien qui finit bien.
En plus de ces deux paramédics, 59 autres se sont vus remettre une plaque de reconnaissance et ont été chaudement applaudis pour avoir des réanimations ainsi que des accouchements.
De plus, une centaine d'employés de la Coopérative ont reçu des médailles et barettes pour souligner leurs 12 et 22 années et plus de service.
Au total, au cours de la dernière décennie, 105 personnes ont été ramenées à la vie lors d’interventions des paramédics dans la région.
La Coopérative, qui emploie 235 personnes et compte sur un parc de 31 véhicules, répond bon an mal an à plus de 34 000 appels et effectue 30 000 transports par ambulance.
L’organisation invite par ailleurs le public à sa journée portes ouvertes ce samedi de 10h à 15h, au siège social sis au 505, boulevard des Affaires.

