Saviez-vous que derrière la rangée de maisons qui longent la route 148 et jusque chez Daigneault là-haut, à gauche de la rue du Bocage, donc et derrière cette rangée de maisons-là aussi, s'étend une ferme agricole pas tout à fait comme les autres? Mais, y a-t-il une seule ferme qui ressemble à une autre dans la Petite-Nation? Toutes ont une particularité qui la rend unique.
Celle de Lorraine Gauthier et de son conjoint, Serge Lehouillier? Elle se distingue non seulement par son encaissement à l'intérieur d'un quadrilatère quasi urbain, mais aussi par le type de «bestiaux» qu'ils y élèvent, entre autres, des lamas, des pigeons et même une bernache (autorisation spéciale en sus).
Il faut dire que nos deux fermiers ont un parcours plutôt atypique. Géologue de formation, Lorraine a quitté la ferme familiale, celle-là même qu'ils habitent maintenant, il y de ça un bon 25 ans pour devenir… vous ne le devinerez jamais: chercheuse d'or. Eh oui. En tant que prospecteur, elle a écumé l'Abitibi à la recherche de filons de métaux précieux, de base ou lourds mais aussi de pierres précieuses (diamants, etc.). Elle allait donc de mine en mine et était même là lors de l'effondrement de la mine de Balmoral qui a fait 13 ou 14 morts. «Difficile à oublier», dit-elle. Mais c'est aussi en Abitibi qu'elle a fait la connaissance de son conjoint, gestionnaire de claims et administrateur dans les mines.
Ils avaient là-bas une fermette de chevaux et vivaient heureux… Quand en 2003, le père de Lorraine (89 ans aujourd'hui) se déclare incapable de continuer à gérer la ferme de Papineauville (dans la famille depuis trois générations) et parle de la vendre au plus offrant. Après maintes tergiversations et discussions, nos deux chercheurs d'or décident d'acheter, mais seulement la partie zonée agricole…
Un déménagement plus tard, les voilà donc avec une ferme de loisir où ils élèvent chevaux, poules et canards, mais aussi lamas, pigeons de fantaisie et chats de race, le tout dans la plus grande discrétion et le plus grand respect des voisins… nombreux. Et voilà l'histoire de comment on passe, pour elle, de prospecteur à guide naturaliste au parc national de Plaisance, et pour lui, fermier.

