Grâce à un programme permettant d’échanger de vive voix tout en apercevant l’interlocuteur, les élèves sous la supervision du professeur Julia Nadon ont pu questionner le canadien Chris Hadfield qui est présentement au camp d'entraînement des cosmonautes Youri Gargarine à la Cité des Étoiles en Russie. Il est en train de finaliser l'entraînement pour sa prochaine mission. Après avoir passé la journée à travailler et à parler dans sa 3e langue, le russe, il a pris le temps de répondre aux questions des élèves en français.
«Quelle sensation avez-vous au décollage?», lui a demandé Lili-Rose. «Au décalage, c’est dur, il y a une force énorme sur le corps, grâce à la fusée, il y a une accélération énorme, c’est beaucoup plus que dans une voiture ou dans un avion, c’est un niveau de puissance comme jamais dans ma vie. Il n’y a pas seulement l’accélération, il y a aussi la vibration, parce que vous êtes dans une fusée. Vous êtes comme dans la gueule d’un chien énorme », a-t-il tenté d’illustrer pour les enfants. Puis l’astronaute a ajouté qu’il y a environ «neuf minutes entre le début de la propulsion et le moment où vous pouvez être en orbite. Il faut une vitesse de 8 km par seconde pour rester en orbite autour de la terre.»
«Est-ce vous voyez les étoiles comme vous les voyez sur la Terre ?» a pour sa part voulu savoir Maude. «Les étoiles sont loin, tellement loin de la terre. Le vaisseau spatiale n’est pas très loin de la terre, seulement environ 400 km. Mais les étoiles sont à des millions, voire des milliards de km. Ça se ressemble, mais il y a une différence. Il n’y a pas d’atmosphère entre les étoiles et nos yeux dans le vaisseau spatial, tandis que sur terre, les étoiles bougent un peu. Mais dans l’espace, il n’y a pas de changement, c’est juste un point fixe, un point fixé de luminosité dans l’univers. C’est la même grandeur, la même puissance mais sans effet de l’atmosphère terrestre» a raconté celui qui se prépare à un troisième séjour dans l’espace.
«Comment vous vous sentez dans votre habit d’astronaute? » a demandé la jeune Chloé. «Avec un scaphandre, les gants et le casque, ce n’est pas confortable, c’est très difficile. Je me sens peut-être comme si j’étais dans un petit vaisseau spatial juste pour moi. Ce n’est pas seulement l’habit, c’est mieux que ça. Il y a un système qui produit de l’oxygène et un autre qui régule la température et l’humidité. Sur le dos, il y a aussi un système de propulsion. Si vous tombez dans l’espace, vous pouvez utiliser le système de propulsion pour vous rapprocher de la station et vous accrocher à nouveau à la station. Le système gère la pression aussi, c’est un peu comme être dans un ballon avec une fusée sur le dos… C’est dur, c’est fatiguant de travailler avec un habit comme ça, mais c’est comme un miracle de sortir de la station» s’est exclamé Chris Hadfield. L’astronaute a répondu à plusieurs autres questions pendant de longues minutes. À la fin de l’échange, les élèves et le professeur avaient les yeux plein d’étoiles, a commenté Mme Nadon.

