Ok. Trouvez l'erreur. Pas d'erreur, un trip. Un trip qui a commencé à la blague, en fait. Le père de Maxime St-Louis, Benoit, ami de Jacques Lepage, l'ancien proprio, lui lance un jour une idée, juste pour rire, comme ça: «Pourquoi tu n'achèterais pas ça, toi, la ferme de bisons Takwânaw qui est à vendre?» Il rit, bien sûr. Quelle idée! Il a une compagnie de soudure à Gatineau, il vient de se «marier» avec Véronique Ménard, ils ont un bébé et en veulent un autre. Il raconte donc ça à sa conjointe, originaire de Thurso, le soir venu. Elle répond du tac au tac: «Ok. Achetons-la!» Eh oui! Véronique est toujours prête au changement contrairement à son Maxime qui aime la stabilité.
Et voilà le début d'une grande aventure. Mais ils n'en sont pas vraiment les pionniers: «Jacques Lepage a vraiment travaillé d'arrache pied pour bâtir cette ferme, explique Maxime. Et il continue de nous aider depuis un an qu'on a acheté. Mon père aussi est toujours avec nous et nous donne un rude coup de main.» Ils travaillent d'ailleurs sur place un an avant d'acheter.
Une journée à la Buffalo Max? «Toujours différent, explique-t-il. Pas de routine. On a 300 bisons et 35 bébés. Quatorze champs séparés sur 600 acres. Ils sont toujours dehors. Ce sont des bêtes sauvages et on veut les garder comme ça. C'est plus facile à manipuler. Les bisons ont peur de nous, alors ils s'éloignent de nous et on peut les pousser dans la bonne direction. Il faut continuellement les changer de corrals. C'est 800 livres debout, un bison. Parfois 1000 livres.» Du danger? «Toujours. Il faut toujours les surveiller pour ne pas se faire tamponner.» Mais en gros, les foins occupent bien du temps (2500 bales/années); la boucherie deux jours/semaine (ils abattent 6 bisons par semaine!), trois bouchers débitent les bêtes en quartiers et assurent la coupe; la livraison… et la construction de la nouvelle maison. L'installation, les réaménagements, les nouveaux bâtiments, un nouveau corral… Tout allait un peu à vau-l'eau, avant qu'ils n'arrivent. «D'ici cinq ans, ça va avoir beaucoup changé, visuellement et en rendement», promet Véronique qui assure le côté paperasses et finances.
«Étrangement, continue-t-elle, il n'y a pas vraiment de distributeurs dans la région. On vend surtout au marché Jean-Talon à Montréal. Un peu au Métro, ici, un peu à la Maison du cultivateur de Saint-André-Avellin. En fait il n'y a que la Boucherie David à Chénéville qui en vend. La Boucherie de la Ferme la transforme, mais c'est tout. Pourtant c'est de la super bonne viande, naturelle, faible en gras, riche en protéines, en éléments nutritifs. Je ne suis pas mangeuse de viande, mais celle-là, oui. J'en mange.»
Pas de boutique en vue, mais vous pouvez aller en acheter directement chez eux. Il faut appeler avant. Toutes sortes de produits transformés aussi et toute la gamme des coupes sont offerts. Un goût à découvrir et une habitude à prendre... naturellement.
Le Bison de la Petite-Nation, ferme Takwânaw, 819 985-0401, 675 Montée du Gore, Thurso.


Bravo pour votre persévérance et votre audace! surtout bonne chance!