Après notre visite de la maison du 52, rue de l'Automne, il est évident que ce lieu est différent des résidences conventionnelles. Il est, comment dire… vivant. On y sent toujours une circulation d'air bienfaisante, comme si la climatisation était au minimum ou que des ventilateurs tournaient pour assurer une atmosphère agréable. Mais l'air vient plutôt du sol… Et contrairement aux maisons normales, plus on monte, plus c'est frais!
Avant de vous détailler (en demeurant clair et précis) son fonctionnement la semaine prochaine et vous expliquer pourquoi elle reçoit une cote de 85 Energuide comme une dizaine d'autres maisons en Outaouais (la moyenne des nouvelles constructions est de 80), il faut vous raconter comment et pourquoi elle a pris forme.
Annie a vécu longtemps dans des pays chauds et est habituée de vivre dans des maisons ouvertes. Elle souffre de claustrophobie à cause de ça, donc elle a besoin de grandes vitres et de plafonds cathédraux (9 à 20 pieds) donnant une impression de grandeur. C'était une condition sine qua non pour elle, ça et la présence d'innombrables plantes. Alors si elle avait été obligée de s'adapter aux modèles imposés par la majorité des constructeurs, elle aurait probablement dû débourser des dizaines de milliers de dollars pour avoir des plafonds plus haut ou des pièces à aire ouverte. Et même à cela, peut-être que le constructeur n'aurait pu livrer ce genre de "sur mesure".
Annie et Marc ont plutôt pris leur temps pour être certains que leur future maison (du futur) leur conviendrait. Ils l'ont confectionnée avec le logiciel de design en 3D Pro Engineer, que certains constructeurs commencent à peine à utiliser, un travail qui leur aura pris plusieurs années.
«On voulait une maison sur mesure. C'était important pour moi d'avoir toujours une bonne circulation d'air, car j'ai plein d'allergies!», lance Annie. Vous verrez la semaine prochaine, tout est question d'air. Comme le précise son mari, «si tu contrôles ton air, tu contrôles ta maison.»
Ils ont établi leurs pénates sur le Plateau, où Marc Villeneuve construisait des propriétés. «Les maisons étaient déjà avant-gardistes, alors il a simplement modifié un concept pour le faire plus écolo, plus moderne», explique Annie.
La maison de 2517 pieds carrés, alimentée à la géothermie et à l'énergie solaire-passive (grâce à des capteurs solaires) et pourvue de six paliers (et non des étages en tant que tel) est devenue, pour Annie, Marc et leurs deux locataires au sous-sol, plus qu'une simple demeure. C'est un rêve tangible, une "liberté d'expression" très économique (ils paient en moyenne 113$ d'Hydro par mois et sauvent donc de 100 à 200$ par mois), une création pensée sous toutes les coutures et une amie de l'environnement. Seuls les lumières et les électroménagers fonctionnent à l'électricité. Le plancher radiant du sous-sol (le logement) est chauffé, donc le couple sauve énormément de sous à cause de ça, car il coupe le froid avant qu'il ne monte aux étages.
Et le plus beau est que la maison s'adapte toute seule aux changements de température extérieure…
Une autre philosophie
Les mentalités des constructeurs commencent à changer et à se verdir. Le gouvernement imposera en juillet de nouvelles normes Novoclimat II, ce qui en laisse quelques-uns perplexes, mais pas Annie et Marc. Pourquoi? Les standards de leur résidence vont au-delà de ce Novoclimat II. Ils sont non seulement bons pour l'environnement, mais ils définissent une nouvelle approche que, croient-ils, les gens adopteront face à leur propriété. Fini le temps où on devait se plier aux exigences des constructeurs ou au design exigu des modèles.
«Quand tu rencontres quelqu'un, tu pars en appart ou tu t'achètes un condo ou une maison. Même si les séparations sont pas correctes, ce n'est pas grave, tu es juste deux. Mais là, un enfant arrive, tu déménages encore ou tu brises un mur, ça ne finit plus! Tandis que le concept de notre maison est qu'elle va évoluer avec toi. C'est fait pour que tu puisses ajouter ou enlever un mur facilement, alors quand ton enfant part, tu peux enlever le mur!»
Par exemple, le dernier étage de la maison est consacré à un petit coin bureau et à l'immense chambre des maîtres couvrant le plancher de deux chambres normales. Annie lance à la blague que si elle et Marc se chicanent, il est très aisé de dresser un mur durant le conflit, comme un panneau amovible! Aussi, plus de trappes d'air ont été installées du côté du lit d'Annie, car elle préfère la température à 18 Celsius la nuit, Marc, à 19! L'étage principal est à 20 et le sous-sol à 21, parce que leur locataire aime ça plus chaud avec son bébé, même avec le plancher chauffant. Dans ce sens et dans plusieurs autres, la maison écolo est une maison Lego!
«Tu fais ça sur mesure, selon ton besoin. Ta vie change et ta maison devrait changer avec toi! Pas le contraire. C'est comme avant; on devait être derrière un ordinateur, maintenant, on a ça», dit-elle en pointant son iPhone.
Tout a été pensé, des grandes vitrines du devant pour laisser la lumière du jour entrer, aux escaliers installés en rond ou des plafonds très hauts qui permettraient aux propriétaires à certains endroits du 2e étage de construire des chambres d'enfant. Ils ont même installé un palier entre le salon et leur chambre, qui leur sert ni plus ni moins de terrasse et de serre!
«Si tu n'es pas dans une pièce, tu n'es pas pour la chauffer à 30 Celsius!, s'exclame Annie. La température va toujours être constante, car en plus chez nous, on est à aire ouverte.» La cuisine, la salle à manger et le salon forment effectivement un triangle et la chambre décrite plus haut a des allures de loft. Mais peu importe où l'on se trouve sur les paliers, il se dégage une qualité d'air apaisante.
«Nous, on aime ça à un certain niveau dans la chambre à coucher, à un autre niveau dans la pièce principale ou dans le bureau, alors la température s'ajuste pour que chaque pièce soit à un minimum pour ne pas que les tuyaux gèlent et ait son confort…»
De saines économies
«N'oublie pas que ta maison, c'est un investissement à long terme, en tout cas pour moi et plusieurs autres. Et quand tu investis, tu veux avoir une ristourne. Ta maison devrait donc te générer un revenu au point de vue de l'énergie, qui est une dépense constante. Si tu sauves sur une dépense constante, c'est comme si tu mettais dans ton REER 20$ par mois; au bout de 3-4 ans, tu en as mis de l'argent là-dessus! Pourquoi est-ce que tu devrais faire des compromis, c'est toi qui paie! Nous, on n'est pas millionnaire et on ne veut pas que la maison nous coûte cher, car on regarde autour, l'essence monte, le gaz monte, l'Hydro va monter tantôt… Alors t'auras pas le choix de couper quelque part.»
Annie Carr voit un peu ça comme un signe du destin que la maison écolo arrive exactement dans cette période de l'histoire où le coût de toutes les formes d'énergie "classiques" augmente.
Bon, il serait faux de dire que les frais liés à l'achat de l'équipement nécessaire à la construction d'une telle maison sont radicalement bas. Mais comme on dit, c'est cher au début, mais on "rentre" dans son argent plus tard, selon Annie. Et la manière d'épargner est de sauver de l'énergie. C'est l'idée principale de la maison, de la vision de Marc Villeneuve.
«C'est atteignable pour tous, c'est ce que les gens ne comprennent pas. Et les économies ne sont pas si à long terme que ça. C'est un investissement comme toute chose, mais qui te rapporte directement, pas à une tierce personne. C'est comme acheter une auto usagée ou une auto neuve; l'auto usagée, tu ne sais pas ce qu'il y a derrière ça et même si ça ne te coûte pas cher au début, ça va te coûter deux fois plus cher plus tard parce qu'elle brise tout le temps. Une auto neuve, tu sais qu'elle n'a pas d'antécédents, c'est à toi d'en prendre soin. Ça finit là!»
Et l'agrément ne vient pas de la décoration, mais de la technique. Le couple a préféré investir dans l'efficacité, le rendement du système, plutôt que l'esthétique. «La majorité des gens, c'est le contraire: le "cosmétique" passe en premier et la technique après. C'est comme quand tu vas au gym: tu y vas pour te renforcer l'intérieur, tandis qu'il y en a qui y vont juste pour montrer comment ils sont habillés!, ironise-t-elle. Quand tu vas au gym, c'est plus dur, c'est plus d'efforts, mais tu es plus récompensé à long terme que juste aller au magasin et t'acheter quelque chose pour l'image.»
En bout de ligne, maison écolo ou non, ornée de la cave au grenier ou pas, l'important est que le nid soit douillet... «C'est confortable… Tu sais, si tu es pour vivre dedans… sois confortable. C'est ta maison, ta place», conclut Annie en souriant, remerciant au passage son oncle Camille Villeneuve pour le support durant tout le processus de création de la maison.
Le secret derrière la maison écolo
La maison écolo d'Annie Carr et Marc Villeneuve fonctionne grâce à un système ultra sophistiqué ("le cerveau") construit après cinq années d'efforts par l'ingénieur habitant les lieux…
Le but de ce texte sera de vous présenter le plus simplement possible les grandes lignes de ce projet ambitieux. Après tout, n'est pas ingénieur qui veut…
La première chose à comprendre est que le système faisant rouler la maison gère l'énergie dans toutes les pièces et évite ainsi les pertes d'énergie. Ce qu'Annie appelle le "cerveau" est un espace assez restreint – on doit y aller à quatre pattes – où Marc a centralisé toutes les commandes. Il est heureusement capable de tout réaliser les travaux ou réparations lui-même (comme dit Annie, c'est un "patenteux" qui peut recycler des matériaux et en faire une bibliothèque), alors il se retrouve aisément dans son système.
Son secret repose sur deux choses principales: la circulation de l'air et la centralisation de la plomberie et de la mécanique. «Si tu contrôles ton humidité et ton air, tu contrôles ta maison», lance Marc en regardant ses trappes d'air dans le plancher et au plafond. Et il ne manque pas d'ajouter que les plantes disséminées un peu partout dans la maison produisent beaucoup d'oxygène et aident ainsi à contrôler la poussière. Et les plantes ne sont pas isolées à l'arrière de la maison dans une espèce de serre, car Annie et Marc prétendent que l'action se passe en avant!
Concernant la centralisation, il est clair: «Tu dépenses inutilement en éparpillant ça à droite et à gauche.»
Pour ce qui est de la conception à aire ouverte, Marc Villeneuve confirme ce qu'Annie nous disait la semaine dernière sur la "mobilité" de la maison. «Les gens se tannent au bout de 10-15 ans de leur aménagement. Tu veux changer, mais tu es toujours pris avec un paquet de murs! Ici, si tu veux bâtir un mur en rond, le défaire, tu peux le faire. Si je veux changer mon poêle de place avec mon évier, c'est facile. Mais les gens sont pris parce qu'ils se disent que leur plomberie est à tel endroit, donc ils ne peuvent rien faire!»
C'est vraiment une maison Lego, alors… Même la hotte de restaurant, de la grosseur d'une fournaise, quasi silencieuse et aspirant tout aux alentours, peut être déplacée.
L'avantage des plafonds hauts
Les plafonds cathédraux de 9 à 20 pieds chez Annie et Marc sont une des premières choses que l'on remarque.
Mais à part le look, quels sont les principaux avantages? «La chaleur monte, alors si tu veux contrôler ton énergie, quand la chaleur monte, tu peux aller la récupérer. Sinon, cette énergie-là sera gaspillée et tu vas voir, ça va travailler dans tes coins de mur… Ça va créer de l'humidité, parce que veut-veut pas, les gouttelettes montent et tu dois contrôler cette petite partie-là.»
Une chose est sûre, Marc Villeneuve s'est organisé pour contrôler tout ça! Et il a créé une pyramide inversée de température: «Le haut est toujours plus chaud que le bas, mais ici, on fait l'inverse parce qu'on aime ça plus frais en haut. J'ai viré ça de bord sans grandes dépenses en chauffage!»
Le "cerveau"
Tant qu'à visiter la maison, autant aller jeter un œil sur le "cerveau" qui contrôle tout. Marc Villeneuve n'était pas peu fier de nous montrer ça. Voyez vous-même sur la vidéo.
Marc nous jase alors de l'importance de l'eau souterraine. «J'ai des tuyaux qui vont dans la terre, dont la température est à 56 degrés. Tout ce que je fais est d'envoyer l'air froid de la terre dans mon circuit. Tout fonctionne avec de l'eau, donc je manipule l'eau; elle est chaude ou froide.»
«Là, je suis en train de faire de l'eau chaude et dehors, j'ai de l'eau froide, donc je vais aller chercher cette eau froide-là. Le circuit pour l'énergie, il le sait; c'est comme si j'avais un thermostat qui me dit la température que j'ai. Ne reste qu'à le mettre en fonction, tout est là.»
Pour lui, tout est aussi question de prévoyance. Il a un mécanisme pour tout, un tuyau pour tout. Il en a même un pour les panneaux solaires pas encore installés! Et que dire de sa trappe prévue pour installer une pompe si les égouts débordent!
Extérieur
Marc Villeneuve a pensé non seulement à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur. Sa cour arrière a été construite pour qu'il n'ait pas besoin d'arroser son terrain. Il récupère l'eau de pluie et nourrit son gazon avec!
Une chute sera positionnée à droite de sa cour et l'eau s'écoulera dans un petit ruisseau vers la gauche. «En plus, quand ça fond ou quand il pleut, tout l'eau se ramasse dans un bassin. Quand ce bassin-là est plein, l'eau est acheminée dans une réserve (installée dans une petite cabane, à droite) et irrigue le terrain au complet. Et quand ça c'est plein, ça se déverse dans un bassin sur le terrain en avant, alors toute l'eau est naturelle», explique-t-il.
Le «futur»
S'il y a une maison sur 10 000 à posséder un tel système en 2012, on peut parier que les statistiques changeront radicalement dans le futur, surtout avec la norme Novoclimat II. Et il est temps, selon Marc Villeneuve, car le futur, c'est maintenant.
«Ce n'est pas vraiment plus cher, faut juste savoir comment le faire. Les gens ont besoin d'être guidés et si on le fait, ça ne leur coûtera pas cher.»
La plupart des contracteurs ne sont pas à jour, souligne Marc, parce que la technologie change trop vite. Pas facile pour eux de comprendre toutes les subtilités, car ils ont des opérations et des contrats à mener à bon port!
Les constructeurs devront éduquer leurs clients
Le PDG d'écoPlus, Raymond Ouellet, est catégorique: avec Novoclimat II, les constructeurs devront embarquer dans le train et surtout, montrer à leurs clients comment vivre dans leur maison éco-énergétique.
Même si la norme Novoclimat existe depuis maintenant quinze ans, le concept semble nouveau dans l'industrie. La dernière mise à jour du programme remonte à 1997 et représentait à l'époque une avancée de 25 à 30% dans le domaine de la construction. La venue de Novoclimat II en juillet fera encore évoluer le marché de 25%. Les spécialistes stipulent qu'en cette période d'exacerbation environnementale, Novoclimat II apparaît comme une solution logique.
Novoclimat donne aux maisons neuves une meilleure qualité d'air, un plus grand confort et permet aux propriétaires de réaliser des économies d'énergie substantielles. Raymond Ouellet indique que 80% des constructeurs en Outaouais ont reçu la formation, mais que 20% seulement la mettent en pratique.
Avec Novoclimat II (mis sur pied au Québec pour respecter les normes fédérales), certains auront beaucoup de rattrapage à faire, alors que pour d'autres, la continuation sera plus facile. M. Ouellet ne sait pas encore comment les constructeurs seront formés, mais il rappelle que pour Novoclimat I, des organisations comme l'APCHQ ou Garantie Qualité Habitation s'en étaient chargé. «Ç'a amené une bonne éducation dans le domaine, admet Raymond Ouellet. L'objectif est la transformation du marché, mais bon, on ne peut pas être plus vertueux que la vertu. Quand même, il y a de gros enjeux économiques, sociaux et environnementaux; l'industrie de la construction est importante et comme n'importe quelle autre, a besoin de support et d'encouragement.»
Des normes plus rigoureuses
En plus des critères de Novoclimat I (dix points majeurs dont l'étanchéité de la maison et une ventilation à haut débit), Novoclimat II exigera encore plus d'ajustements aux constructeurs, surtout «ceux qui font les coins ronds». Et même si aucune inspection n'est prévue dans la prochaine loi, Raymond Ouellet croit que les constructeurs devraient montrer patte blanche dans le futur pour éviter que les propriétaires de plus en plus exigeants ne reviennent contre eux.
«J'encourage les constructeurs à faire des tests sur une base volontaire pour prouver que la maison est conforme. Le constructeur doit être responsable quand il livre la maison, il doit changer sa mentalité.»
Actuellement, la seule façon d'obtenir la certification Novoclimat est de demander une inspection indépendante. Selon M. Ouellet, cette inspection, jumelée à une formation sur "comment profiter pleinement de sa maison éco-énergétique", deviendra une pratique courante d'ici à ce que Novoclimat II vienne à échéance dans une dizaine d'années.
«On n'a pas montré à ces gens-là à vivre dans ces maisons, alors qu'on a demandé aux constructeurs d'être meilleurs. Ce devrait être la tâche des gouvernements d'éduquer la population en leur fournissant de la documentation. Ce sera important car il pourrait y avoir des recours judiciaires si au bout de 2-3 ans le client l'utilise mal. Et si les gens n'apprennent pas, ils vont en subir les conséquences», déplore l'expert, qui rejoint tout à fait l'opinion des propriétaires de la "maison du futur".
Grâce à ces pratiques plus vertes et plus économiques, Raymond Ouellet pense que la cote Energuide de 85 de la maison d'Annie et Marc deviendra plus courante. Les constructions neuves ne seront désormais plus admirées que pour leur confort, mais aussi les projections réelles de consommation d'énergie.
«Il est même possible de bâtir à 90, sans avoir de mécanique très évoluée, assure M. Ouellet. Mais 85, c'est très bon.»
Il ne s'attend pas nécessairement à un boom de constructions vertes, mais à un engouement plus grand que durant l'ère Novoclimat I. «Il va toujours y avoir des avant-gardistes, qui sont plus sensibilisés. Pour eux, c'est une fierté de le faire car on s'entend que c'est plus difficile de monter de 80 à 81 que de 20 à 40!», s'exclame le PDG.
Idem du côté des constructeurs, il y aura constamment des avant-gardistes. «Plusieurs constructeurs ne savent pas toujours pourquoi ils bâtissent telle chose et certains travailleurs ne connaissent pas la physique du bâtiment. Pourtant, tout est prévisible dans une maison!», tranche Raymond Ouellet.
Les dangers
Novoclimat n'est pas exempt de risques, au même titre qu'une maison du début du 20e siècle attaquée par les courants d'air, indique Raymond Ouellet.
C'est bien beau de posséder une maison étanche, encore faut-il bien l'aérer et ne pas empoisonner l'atmosphère! Toutes les maisons Novoclimat sont au minimum équipées d'un ventilateur récupérateur de chaleur (communément appelé "échangeur d'air"), qui préchauffe 65% de l'air sain provenant du dehors pour remplacer l'air vicié.
En ayant une bonne circulation d'air, «un air exempt de poils ou senteurs d'animaux, de tabac et de vaporisateurs parfumés» selon la SCHL, il est plus facile de contrôler son humidité (condensation). Un élément essentiel pour la qualité de l'atmosphère dans la maison. De 30 à 50% d'humidité est conseillé, mais au-delà, la poussière et la moisissure s'accumulent. Il est donc vital que l'air circule bien, surtout, comme le souligne M. Ouellet, une maison abritant une famille de quatre personnes produit 63 litres d'eau par semaine en humidité!
M. Ouellet ajoute que les panneaux isolants rigides ne devront pas être des facteurs de condensation et que les pare-vapeur ne devront pas provoquer de pourriture. Un test d'infiltrométrie sera nécessaire pour vérifier tout cela, ce que la majorité des constructeurs ne font pas.
Ensuite, les dangers de maladie sont bien sûr très fréquents. Raymond Ouellet a une théorie sur la prolifération des infections à répétition. «Avant, les gens étaient moins malades même si leur maison était moins bien scellée. Ils travaillaient aussi plus dehors. Mais là, les gens passent 90% de leur temps à l'intérieur (maison, travail, transport) et les maisons sont mieux scellées. Donc selon moi, même si les maisons sont plus étanches, la qualité de l'air s'est détériorée. Il y a une corrélation entre les maladies et l'étanchéité.»
Raymond Ouellet revient enfin sur nos petits copains à poils. «Les animaux dans une maison étanche rendent les gens malades. C'est comme si tu fumais. Il ne faut pas faire entrer les polluants dans la maison. Les gens ne sont pas informés du tout là-dessus. Mais bon, c'est un choix personnel…»
Raymond Ouellet se pose donc deux questions sur le futur des constructions québécoises: «Est-ce que les enveloppes des bâtiments vont demeurer bien étanches? Est-ce que la santé des gens sera compromise parce que la maison n'est pas bien ventilée? Tout cela doit être mesuré et gardé à niveau!»


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