La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, a chaperonné les premiers signataires, dont la présidente de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais (CRÉO), Paulette Lalande, et le député de Chapleau et ancien président de la CRÉO, Marc Carrière.
On parle d'un «jour historique», on espère que toutes les régions emboîteront le pas, on ne tarit pas d'éloges sur la contribution des deux sexes au marché du travail. «Ça va transformer nos façons de faire et je le souhaite, créer un effet multiplicateur, a lancé Paulette Lalande. Ce n'est plus juste une volonté, mais une obligation incontournable. L'égalité de droit devient une réalité de fait.»
La ministre St-Pierre pense que cette Déclaration permettra aux femmes et aux hommes d'intégrer des milieux de travail non-traditionnels. Quant à Marc Carrière, il a réitéré son intérêt de voir plus de femmes impliquées en politique et dans des postes clés.
Les signataires – des organismes et institutions, des élus et des personnes influentes du milieu – s'engagent à adopter des mesures d'égalité et à participer à la démarche régionale de mise en place d'un comité de travail favorisant la concertation et la mobilisation des partenaires de l'Outaouais. Cela se traduira entre autres par des projets visant à faire progresser l'égalité.
Cette Déclaration est l'aboutissement de plusieurs années de travail. Le gouvernement adoptait en décembre 2006 la Politique gouvernementale pour l'égalité entre les femmes et les hommes, et en 2008, plusieurs partenaires signaient en Outaouais l'Entente spécifique en matière d'égalité de fait. Cette signature officielle tombe enfin sous la coupe de la planification stratégique 2007-2012 de la CRÉO.
Des avantages
Raymond Brunet, de Ed Brunet et Associés, a été invité à signer en troisième la Déclaration parce qu'il est un employeur en construction pour qui les femmes sont très importantes. «Il y a beaucoup de chemin à faire encore, mais je suis fier d'être Québécois, parce qu'ailleurs, à Jakarta par exemple, les femmes viennent juste d'avoir droit à l'héritage!», a-t-il lancé en préambule.
Les femmes en construction ne représentent que 1,2% des salariés. «Le problème des femmes en construction est la rétention. Le salaire est le même, heureusement, mais ce n'est pas un domaine confortable pour elles; les harnais de sécurité ne sont pas adaptés à leur anatomie, il n'y a souvent pas de vestiaire sur les chantiers et sur les bureaux de direction, leur présence est faible», déplore-t-il.
Mais M. Brunet ne trouve que des avantages à avoir des femmes dans son organisation. Il apprécie leur loyauté, leur routine constructive, leur philosophie pour régler les problèmes, leurs qualités de gestion, leur propension à demander de l'aide sur-le-champ et ainsi sauver des heures de travail perdu, etc. Il considère même les congés de maternité bénéfiques, car cela donne la chance à des apprentis de se faire les dents pendant un an.
«J'ai cinq femmes qui sont parties en congé de maternité et elles sont toutes revenues. Il faut être flexible avec elles et les accommoder. Elles ont souvent des rendez-vous, elles ont les tâches à la maison… Les hommes aussi. Si tout le monde est heureux, on y gagne en productivité.»
Raymond Brunet a posé un geste significatif dans les années 90 en changeant le nom de l'entreprise familiale: Ed Brunet et Fils devenait et Associés, pour inviter subtilement les femmes à appliquer. Il ne regrette pas du tout son choix. Ce qu'il aimerait changer par contre est cet héritage ancestral que plusieurs continuent d'engraisser. «Le monde appartient aux deux sexes et engager des femmes est un excellent investissement», a-t-il conclu.
