La première soirée consistait à passer soirée agréable avec les autres participants à l’Auberge de jeunesse. Le lendemain matin vers les neuf heures au café, assis sur une des chaises encerclant une caméra, je déclinais comme les 20 autres participants, mes acquis hélas nuls en cinéma. À cette occasion, je leur propose tout de go de venir s’amuser avec mes formes dans leurs moments libres. Après la présentation, tout ce beau monde disparaît comme par magie et réapparaît quelques instants plu tard en petits groupes.
Au premier abord, je croyais me retrouver un peu isolé à cause de mon âge avancé comparativement aux autres participants, mais la capacité d’adaptation de ces jeunes était assez résiliente pour me permettre de jouer un rôle au vrai sens du terme pendant la fin de semaine.
À peu près tous ont accepté de se laisser filmer pour jouer avec mes bidules afin de monter leur propre sculpture. J’étais ravi de la tournure des événements. J’ai par la suite demandé qui pourrait bien produire un film à partir du scénario que j’avais écrit. C’est le parton de Kino section Hull lui-même, Edmond Michaud, qui a commencé par réviser mon scénario et qui m’a finalement dit qu’il serait intéressé à m’aider à réaliser le film. Pendant ce temps les autres cinéastes fignolaient leur propre scénario.
En après midi, tout comme moi et Edmond, les cinéastes l’œil rivé à leur caméra partent accompagnés de leurs acteurs et à la chasse aux images. Pour la plupart des participants cette chasse va durée jusqu’au lendemain soir. Pendant ce processus tout le monde devient soudainement, soit comédien, perchiste, cinéaste, réalisateur, personne ressource, etc. Il n’y a rien de véritablement organisé, on prend les participants nécessaires pour la réalisation de son film à la volée. Pendant quelques jours, je fus, scénariste, personne ressource, chauffeur, agent de liaison, laveur de vaisselle, cuisinier, acteur et même cinéaste.
Le lendemain, tout le monde passe la journée l’œil rivé, cette fois sur l’écran de leur ordinateur portatif. C’est le montage et la synchronisation du son. Les magiciens de l’ordi sont en action, il y a toujours un de ces génies de l’ordinateur qui peut te donner le conseil qui t’est nécessaire pour monter ton film. Ils vont jusqu’à rogner sur leur précieux temps pour affleurer ton ordinateur et en faire jaillir comme par magie cet effet spécial que tu ne parvenais pas à concevoir. Eh oui, cette fin de semaine ce sont les hommes qui furent les rois de l’ordinateur, merci messieurs.
Le soir de la projection des courts métrages le café est plein, l’assistance ainsi que moi-même laissons exhaler quelques expressions de surprises, mais surtout de bonnes doses de rires. Ce fut, à mon avis et je crois de l’avis de tous ceux qui ont participé à l’événement, un succès sur toute la ligne.
Je tiens à remercier mon nouvel ami Edmond pour la direction vers laquelle il a su infléchir mon scénario. Le film que j’aurais réalisé aurait été beaucoup moins intéressant.
Ne partez pas, il me reste une petite annonce à faire! L’événement va se reproduire l’an prochain et si j’ai pu participer avec mon bagage très limité en cinéma, sachez que vous pouvez surement participer aussi. Actuellement nous essayons de mettre en place une présentation de ces courts métrages réalisés en fin de semaine. J’espère que vous aurez la chance de visualiser ceux-ci, ça vaut le déplacement.
-Jocelyn Rochefort Simard (scénariste, cinéaste, acteur, cuisinier, personne ressource… d’une fin de semaine Kino)
