Mme Roy y rend hommage à Florence Mongeon et ses bénévoles qui ont mis sur pied le Sentier Blanche Neige pour les jeunes et les moins jeunes, et l’entretiennent. Elle a bien raison de faire l’éloge d’un tel dévouement.
Cependant, tout ce vandalisme à répétition qu’elle décrit surprend et inquiète. Il est difficile de croire qu’il est l’œuvre d’adultes de la région. En effet, il serait déprimant, pour ne pas dire désespérant, que des êtres matures s’adonnent à détruire une œuvre destinée à servir la communauté, en saccageant, volant et déféquant partout. Mais, s’il s’agit de jeunes; comment se fait-il qu’un projet destiné en grande partie à fournir aux jeunes un endroit de loisir et de plaisir, amène de la part de certains d’entre eux un tel comportement? La réponse n’est pas évidente...
Peut-être, comme on dit au Québec, devrions-nous avoir un mini-débat de société sur cette question. Personnellement, j’ai beaucoup de difficultés à croire à la thèse de la vendetta à laquelle le titre de l’article de Jacinthe Roy fait allusion. Vengeance contre qui, contre quoi, pourquoi?
C’est vrai que ce projet ne baigne pas dans la transparence. Il y a trois ans, le maire Labrecque de Lochaber-Ouest affirmait que tout ce que la municipalité donnait au Sentier Blanche Neige par année, c’était 2000$. Ce n’est certainement pas le cas présentement, et ce n’était sans doute pas vrai à l’époque. On entend dire que la municipalité aurait versé jusqu’à 100 000$ et même plus dans ce projet. Si c’est le cas, c’est beaucoup pour une très petite municipalité qui retarde à faire repeindre la ligne médiane de ses routes pour sauver de l’argent, au détriment de la sécurité routière… Le conseiller Jérôme Roy, avant son élection, soulevait beaucoup de questions sur le financement de ce centre de loisirs et demandait une consultation populaire, un questionnaire envoyé à tous, pour guider le conseil municipal dans ses décisions. Cependant, une fois élu, il n’a rien fait à cet égard et le manque de transparence persiste.
Chaque fois que des citoyens ont demandé plus de transparence, on s’est empressé de les étiqueter d’opposants au projet, en se dispensant de rendre des comptes. Tout cela n’aide pas au soutien de l’œuvre, mais ne justifie certainement pas le vandalisme! Celui-ci n’amènera pas le conseil municipal à être plus transparent et à rendre des comptes à la population.
J’hésite à croire que l’endroit du centre en est la cause, même si un endroit isolé, sans gardien ni voisins immédiats, sur une route à très faible circulation, peut facilement l’exposer au vandalisme. À mon avis, le problème est plus profond et mérite qu’on s’y attarde.
Devant la perplexité où nous plonge le phénomène, pourquoi ne pas poser un geste audacieux? En effet, pourquoi La Petite-Nation n’inviterait pas, avec garantie totale d’anonymat, un participant à ce vandalisme à venir expliquer pourquoi cet acharnement à détruire. On ne peut pas se payer plus de policiers, et je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution. Un gardien permanent serait aussi au-dessus des moyens du centre. Et puis, mieux vaut le dialogue. Je propose cela, car je ne crois pas que ces gens soient nécessairement des lâches. Il y aurait-il quelqu’un qui pourrait nous expliquer ce qui pour l’instant dépasse notre entendement? Même avec l’anonymat, cela serait un geste courageux!
Claude Gingras
Résident de Lochaber-Ouest
