Depuis le début de cette histoire, Jacques Charbonneau nie la version du maire Bernier et défend la réputation de son organisme, nous avions été bien clair là-dessus dans l’article de la semaine dernière. Mais après avoir lu l’article, en avoir discuté avec d’autres membres du CACO et pris quelques jours de réflexion, M. Charbonneau a rappelé le journal pour demander à pouvoir répliquer davantage aux propos du maire.
L’instigateur du Recycl’art s’est présenté au journal vendredi pour l’entrevue avec en mains plusieurs prix ayant été décernés à l’événement au cours des ans, ainsi que des documents supplémentaires pour étayer davantage sa version. Notre photo le montre d’ailleurs avec en mains le prix Ovation dans la catégorie «Tourisme durable» reçu en 2009.
Par rapport aux premières réactions recueillies l’autre jour en prévision de l’article précédent, M. Charbonneau a tenu à ajouter que le libellé du bail prévoyant l’occupation du vieux presbytère de Montpellier par son organisme jusqu’en novembre 2013 ne mentionne nulle part que le CACO devait présenter de l’animation culturelle dans le lieu 12 mois par année.
Il soutient que les tentatives faites dans le passé de présenter des expositions au vieux presbytère en dehors de la période touristique de pointe à Montpellier ont prouvé que ce n’est pas viable. Il cite l’exemple d’une exposition tenue tard à l’automne, celle de Mélodie Koutou, dont le vernissage fut très couru mais qui a été pratiquement déserte le reste des trois semaines. Selon M. Charbonneau, seul son projet de résidence d’artistes que la ville n’a pas voulu considérer sérieusement, ou alors un organisme culturel «très local» comme le Cercle de Fermières pourraient permettre d’animer le presbytère à l’année (et dans la deuxième option, avec beaucoup moins de rayonnement que le Recycl’art ou le projet de résidences d’artistes).
Les critiques de Bernier sur la rigueur dans la gestion
Selon Charbonneau, les critiques du maire Bernier sur le manque de rigueur dans la gestion du CACO et particulièrement sur le manque de détails dans les états financiers de l’organisme sont très surprenantes considérant que le premier magistrat de Montpellier siégeait sur le conseil d’administration du CACO les dernières années. D’abord, s’il avait des doutes et des questions sur les états financiers, pourquoi ne les a-t-il pas soulevés lors de l’assemblée générale, plutôt que d’en parler à un journaliste après la remise en question du bail?, demande M. Charbonneau. C’est un peu comme s’il s’incriminait lui-même, soutient M. Charbonneau. Ensuite, il sort un document sur les devoirs des membres des conseils d’administration et invoque les clauses relatives à la confidentialité et à la loyauté. Deux clauses qu’aurait enfreintes Pierre Bernier, selon lui, en parlant à la presse de l’assemblée générale et des états financiers. «Il aurait pu nous aider à améliorer notre gestion à la place», clame Charbonneau.
Puis il ajoute que selon les normes en vigueur, un organisme culturel doit avoir un budget d’au moins 50 000$ par année pour être tenu de fournir des états financiers vérifiés par un comptable et que le budget du Recycl’art était beaucoup plus modeste. «Nous ne sommes pas des comptables, nous sommes des artistes», martèle-t-il.
Indemnité et nouveau départ
Si la ville ne reconsidère pas sa décision concernant le bail, le CACO jugera en subir préjudice et son déménagement lui occasionnera des frais, alors nous demanderons à négocier une indemnité pour ce déménagement précipité, affirme M. Charbonneau. Interroger sur ce qui adviendrait de l’organisme si le déménagement se concrétise, le fondateur du Recycl’art confie avoir débuté des pourparlers avec une autre municipalité en dehors de la Petite-Nation qui pourrait être intéressée à faire revivre le Recycl’art et/ou le projet de résidences d’artistes du CACO, mais comme les pourparlers sont à un stade très préliminaire, il ne souhaite pas révéler le lieu ou en dire davantage. Une autre histoire à suivre…

