L’organisme qui pilotait le festival du Recycl’art, le CACO, a emménagé dans le presbytère de la paroisse Notre-Dame-de-la-Consolation de Montpellier en 2004. Il détenait un bail avec la municipalité pour occuper l’endroit jusqu’en novembre 2013. Mais le conseil et le maire Bernier souhaitent remettre en question ce bail. Il s’agit à l’origine d’un bail d’occupation pour présenter le Recycl’art mais pour lequel le CACO ne versait pas un sou, selon M. Bernier.
Rappelons que la municipalité a obtenu une subvention de 100 000$ pour la réfection de l’extérieur et l’intérieur du bâtiment de la part du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF) à condition qu’un organisme culturel habite les lieux. La MRC de Papineau a aussi investi 40 000$ dans ces rénovations et la ville 18 000$, selon le maire Bernier.
Comme le Recycl’art n’avait jamais offert d’animation durant toute l’année, que son édition 2012 était annulée faute de financement, et que l’autre projet du CACO d’installer une résidence d’artistes au vieux presbytère ne semblait pas en voie de se réaliser, du moins à court terme, le maire Bernier a cru bon de chercher à revoir le bail du CACO.
«Nous comme municipalité voudrions garder le Recycl’art et en même temps s’assurer que le presbytère vit 12 mois par année, c’est ça qui est la problématique actuellement… D’année en année, ils ont de moins en moins de fonds parce que leurs demandes sont refusées ici, refusées là… », explique-t-il.
Gestion complètement défaillante, selon Bernier
«La gouvernance du Recycl’art est complètement défaillante», selon M. Bernier. Ce n’est pas fait selon les normes que les organismes subventionnaires souhaitent voir, selon lui. Relancé à savoir ce qu’il voulait dire par gouvernance défaillante, il a soutenu n’avoir jamais vu dans toutes ses années d’implications dans les milieux culturels une assemblée générale aussi peu professionnelle que celle à laquelle il a assistée avec le CACO. Des états financiers détaillés n’auraient pas été présentés alors, selon M. Bernier.
Nous avons cherché à vérifier cette prétention auprès du CACO et son directeur général Jacques Charbonneau. Il nie les affirmations du maire Bernier et nous a fait parvenir les rapports financiers de l’organisme pour 2009 et 2010. Pour chacune de ces années, le rapport tient sur une seule page et les postes budgétaires sont séparés avec les sommes qui leur ont été allouées, mais le détail des dépenses à l’intérieur de ces postes budgétaires n’est pas précisé.
«Je ne crois aucunement qu’il y a de la malversation ou quoi que ce soit, c’est une question de rigueur», précise le maire. «Il font des choses merveilleuses au niveau artistique, note-t-il, mais on a un bâtiment qui est en plein centre du village et huit mois par année il n’y a rien qui se passe là. Ce n’est pas le genre d’occupation que l’on veut voir», explique-t-il. M. Bernier affirme avoir offert au CACO de conserver une pièce à l’intérieur du presbytère pour le Recycl’art et la possibilité d’exposer sur les terrains extérieurs, ce qui n’a pas fait le bonheur de Jacques Charbonneau, selon le maire. Daniel-Jean Primeau qui jusqu’à tout récemment était le président du conseil d’administration du CACO s’était pour sa part montré ouvert à la proposition du maire Bernier durant un entretien téléphonique entre les deux hommes, ainsi qu’il nous l’a lui-même confirmé. Lorsque M. Primeau a tenté de présenter le projet d’entente négocié au téléphone avec le maire Bernier au reste du CACO, cela a soulevé l’ire de M. Charbonneau. Le directeur général et fondateur du CACO a expliqué par la suite au téléphone que Primeau avait agi sans consulter le reste de l’équipe et sans mandat. Suite à cette divergence de vue au sein du CACO et compte-tenu de la période difficile traversée par l’organisme, M. Primeau a remis sa démission, nous a confirmé M. Charbonneau.
Lorsque nous avons reparlé à Jacques Charbonneau, celui-ci s’est montré fort déçu de la tournure des événements et a avoué que son équipe remettait très sérieusement en question la résurrection du Recycl’art en 2013 considérant toutes les embûches qui sont désormais sur son chemin. Il déplore aussi que le projet de résidence d’artiste du CACO qui aurait pu, selon lui, permettre une occupation du presbytère à l’année ne soit pas pris au sérieux davantage par la municipalité. En lien avec cette histoire, consulter aussi l'article suivant.

