L’évènement était en grande partie par et pour le musiciens, mais comme c'était les Journées de la Culture, la douzaine d’artistes et de formations qui se sont réunis pour se connaître, s’échanger des trucs du métier et faire naître des collaborations, ont donné des prestations acoustiques au Marché Public de la Petite-Nation à Ripon et au P’tit Café de l’Auberge, à Saint-André-Avellin. Tout le monde a donc pu faire connaissance dans une ambiance festive et trépignante.
Les Ontariens? Ashley Newal, Brandon Agnew, Moms and Dads et Lisa Poushinsky. Les Québécois: Brian Fisher, Papa Oumar Badji, Monsieur Larose et Gagnon le Groleau…
Leur point en commun? Ce sont tous des artistes de la relève. «L'alternative de l'alternative, dit Ashley Newal. Neil Young est le grand-père du folk rock ontarien et Nirvana a marqué la première vague de musique alternative. On fait de la musique de rue avec un quelque chose de plus (texto: cutting edge urban street level music). Des artistes de la scène «indé» (pour indépendant), donc, une nouvelle tendance musicale, du post alternatif, quoi. «Ce sont des artistes qui n'ont pas signé avec de gros labels. Ils sont en dehors du mainstream. On constate un retour du folk country autant ici qu'à l'extérieur du Québec. Ils reviennent aux instruments acoustiques et font une démarche pour rechercher les racines du country», explique François Lorenzetti, président de Musiqu'en Nous.
François Lorenzetti était très heureux du déroulement de l'événement, bien qu'il ait été organisé à la dernière seconde et qu'il y ait eu quelques anicroches au sujet de l'horaire des shows, notamment au Marché Public de Ripon. «C'est un événement qui ne pouvait que receler des surprises, dit-il. Surprise d'abord, de voir ces artistes qui ne viennent pas ici d'habitude… et par exemple, vendredi soir au P'tit Café de l'Auberge, de voir que Monsieur Larose ait réussi à réunir 6 artistes québécois et ontariens sur la scène… lui qui a, d'habitude, une démarche plus individuelle. Et tout ça sans pratique! Il a en quelque sorte lancé le bal avec une nouvelle version de Ringshifter de son spectacle Déverbération présenté pour la première fois à Musiqu'en Nous, cet été. Il a d'ailleurs eu droit à une ovation debout, après ça. Ensuite, Gagnon le Groleau a pris la relève…»
Interrogé au sujet du show, Monsieur Larose se déclare un peu sceptique quant à la portée de ce show. «Je ne savais pas si j'allais jouer ou non, dit-il. J'étais sur l'affiche, c'est pour ça que j'ai joué. Mais je n'avais rien pratiqué. J'ai eu le flash de jouer Ringshifter en kamikaze avec des gens avec qui je n'aurais jamais joué d'habitude. Mais après avoir vu Brandon «tapocher» sur son drum, j'ai pensé que je pourrais lui demander… J'ai été les voir un par un et je les ai intégrés à mon show. Un de chaque band présent. J'ai eu droit au silence total durant ma première toune. Mais autrement, il n'y a pas eu de mélange. Le cercle d'auteurs n'a pas eu lieu, selon moi. Ça manquait un peu d'organisation. Un drôle d'événement.»
Reste à savoir si Lisa Poushinsky invitera les artistes québécois lorsqu'elle organisera son prochain «barn party» et si l'événement se révélera ainsi d'une fructueuse réciprocité. En tout cas, de ce côté-ci de la rivière, tout le monde était très heureux de rencontrer des artistes de la relève ontarienne et de s'y frotter un peu... L'horizon semble moins lointain, où l'on reconnaîtra la place de chaque culture dans la mozaïque de notre parfois trop grand pays... bien que la terre soit si petite et nos coeurs immenses.
La Chaudronnée Musicale Petite-Nation Melting Pot Party est une co-production Musiqu’en Nous et Lisa Poushinsky qui a reçu le soutien de La Ferme Les Bouquets à Ripon (Marguerite Lepage et Brian Fisher).

