Inutile de présenter Marjolaine, grande prêtresse du slam. Elle nous est bien connue, cette verbo-passio-motrice de chez nous. Mais qu’est-ce qui les tient ensemble elle et FetNat? «On n’est pas frère et sœur, même si on se ressemble, explique J-F No, leader-sans-le-vouloir du groupe et qui a participé ponctuellement au show Taram de Marjolaine au CNA. Elle n’a pas la même plume que moi, la sienne saigne, mais elle tricote avec les mêmes instruments. Elle est mon côté fille et je suis son côté gars. C’est facile. Elle doit faire deux slams samedi soir, mais tout le monde sait qu’avec elle quand c’est parti… elle est partie!»
Et comment définir FetNat? Hmm. Disons: un groupe de musiciens loufoques qui ne tombent jamais dans le piège de l’humour. Avec pour chacun un bagage énorme et solide, un parcours composite à la «Francoeur rajeuni mais pas kitch», suggère J-F. Des musiciens émérites et passionnés participant de plusieurs laboratoires, groupes et expériences musicales ou verbales, «des professionnels qui refusent pourtant de jouer le jeu et de se prendre au sérieux», conclut J-F No, chanteur, auteur, compositeur qui fait dans le spoken word et la mélodie. Aussi sur scène: Daniel Boivin, bassiste (entre autres pour Rock Voisine); Pierre-Luc Clément, compositeur, guitariste et Olivier Fairfield, batteur compositeur (qui ont plusieurs enregistrements à leur actif et font partie de la distribution de Taram). Mais aussi Mehdi Hamdad, slameur et guitariste, choisi cette année pour faire partie des Francouvertes.
Peut-être, d’ailleurs, reconnaissez-vous leurs noms? Ils sont tous déjà venus jouer à l’Auberge et font partie de plusieurs autres projets.
FetNat, finalement? Un vol plané au-dessus de l'absurdité, un questionnement sur l'identité avec retour au présent, un lâcher lousse masqué pour punk sentimental engagé, un trash slam émergent qui a des dents, un rythme expérimental sauté et lent en dedans, un laboratoire aux mélanges explosifs sympathiques, un genre éclectique québécois éclaté vers le futur. Et au fil des vidéos et tounes écoutées: «un poil sentimental», un poil «gros métal », des «balades pour poids lourds», de «mielleuses mélodies» punks. Bref, un rock pop qui fait plutôt boum! Une bombe qui s'éparpille au ralenti sur le fil de nos vies sans couleur. Un regard chargé sur le temps qui fuit sans merci et sans promesses. Un présent tellement lourd qu'il n'est pas un cadeau, mais dont on ne peut que rire et pour lequel ça vaut la peine de tout recommencer.
À surveiller:leur vidéo Météo «une production simpliste, réelle et songée, explique J-F, et qui sortira pour le Festival de l'Outaouais émergent, durant lequel, le 30 mai, je participerai d’ailleurs à un tout nouveau projet "Têtes à Carreaux". De la poésie sur trame électronique.»

