«Je change tout le temps, les structures, les mélodies, l’ordre des chansons, je ne sais pas ce qui va se passer beaucoup plus que le spectateur. J’ai une idée générale, mais j’aime bien écouter mon sentiment du moment», a-t-il expliqué lors d’une entrevue quelques heures avant le spectacle.
C’est clair, Adam Karch carbure au contact avec la foule, à l’interaction avec elle, alors dans un cadre comme celui du P’tit café de l’Auberge, il s’est manifestement rapidement senti chez lui, d’autant que la réponse de la foule à ses solos de guitare a été très enthousiaste, ainsi que l’illustrent les extraits du spectacle dans la vidéo qui accompagne l’article.
Natif de l’Acadie sur la Rive-Sud de Montréal. Il a grandi dans une famille à l’univers linguistique mixte avec mère anglophone et père francophone. Très jeune, il a commencé à jouer de la guitare. Les premiers spectacles n’ont pas tardé. «J’ai 33 ans, mais ça fait 15 ans que je tourne dans les bars», précise-t-il.
S’il admet volontiers apprécier particulièrement donner des spectacles dans de petites salles où l’on peut avoir un rapport très intime avec le public comme c’est le cas à l’Auberge de Jeunesse de la Petite-Nation, il confesse aussi garder un excellent souvenir de sa tournée en Allemagne en première partie du Jeff Healey Band. «J’avais 18 ans et j’ai fait une tournée d’un mois avec lui en Allemagne. À l’époque, ce n’était pas sous mon nom, j’étais guitariste dans un groupe de rock et nous faisions sa première partie. C’était une grosse tournée avec aussi James Brown et Phil Collins», raconte-t-il. Un peu plus tard, Adam Karch a accompagné Jeff Healey sur scène lors de quelques spectacles, notamment à Toronto et au festival de Blues de Sherbrooke. Il admet avoir été beaucoup influencé au début de sa carrière par Jeff Healey, Colin James et Stevie Ray Vaughan.
Son premier album Crossroad diaries a paru en 2002. Il a plus récemment été remarqué par Richard Samson, le producteur des Lost Fingers dont il a aussi fait la première partie. Puis avec l’aide de ce nouveau producteur, un deuxième album est sorti en 2011, Cotton Fields. «C’est un peu du blues moderne avec une orientation artistique des Appalaches», explique celui qui n’aime pas tellement que l’on essaye de le ranger dans un style particulier. «Je joue un peu de tout, je joue ce que j’aime…Il y a beaucoup de monde qui font du blues au Québec, moi j’aime ça être un peu à part et ne pas me limiter au blues», explique Adam Karch.
Normand Brathwaite l’a vu en spectacle au Bistro à JoJo à Montréal et il lui a offert de jouer sur deux pièces de son album. Brathwaite l’a aussi invité à venir participer à son émission Belle et Bum à Télé-Québec. «C’est un très beau temps en ce moment, la réception pour le nouvel album est très bonne», relate Karch. En effet, autant lors de son clin d’œil à sa partie québécoise dans Comme un loup (l’une de ses cinq compositions sur le dernier album), que dans sa relecture de classiques tels Crossroads ou Sitting on the dock of the bay, le public de l’Auberge de Jeunesse de la Petite-Nation l’a chaudement applaudi.

