Le vernissage de cette exposition haute en couleurs vendredi soir a permis aux premiers visiteurs de discuter avec l’artiste et d’en apprendre plus sur son processus créateur et son parcours inhabituel.
« C’est un oiseau qui est venu terminer son vol dans l’une de mes fenêtres qui m’a redonné le goût de peindre », précise-t-il. À partir de cette photo, il a réalisé sa première toile de la deuxième phase de sa «vie de peintre». Il mentionne avoir déjà exposé quelques peintures dans la vingtaine, sans pourtant vendre de tableau à cette occasion. Entre temps, c’est l’enseignement qui l’a beaucoup occupé.
Malgré une formation initiale dans le domaine de l’enseignement de la biologie, c’est plutôt l’éducation physique qu’un concours de circonstances l’amena à dispenser au début de sa carrière de professeur. Vinrent ensuite les arts plastiques suite à un autre concours de circonstances. «J’ai suivi quelques cours à l’université pour me qualifier après avoir comblé un poste vacant au pied levé », explique-t-il. Ce qui est tout de même bien peu à comparer à ceux qui étudient les arts à l’université pendant des années. Cet oiseau rare est surtout un autodidacte qui adore explorer au gré de ses impulsions créatrices. Par exemple, en peinture il a commencé par des tableaux avec un cadrage standard et s’est graduellement mis à se permettre des cadrages irréguliers. Dans une troisième étape d’exploration, c’est le relief qui est apparu sur ses œuvres à l’aide d’une technique particulière avec polystyrène extrudé à l’arrière de la toile où est posée la peinture.
Quelle surprise pour votre humble serviteur d’apprendre au terme du récit de cette exploration que l’œuvre la plus prisée par l’artiste au sein de toutes celles regroupées dans cette exposition demeure son fou de bassan. Derrière chacune des pièces de cette exposition qui vaut le détour se cache une histoire. Le fou au masque bleu ne fait pas exception. « Sur la photo qui m’a servi d’inspiration, l’oiseau avait l’œil concave, je l’ai plutôt fait convexe. » L’artiste poursuit : «La couleur autour des yeux des oiseaux, on appelle ça un masque. J’ai préféré le faire bleu au lieu du noir. » Le fond aussi est changé par rapport à la photo. Tous ces changements proviennent de ce que M. Rochefort Simard qualifie d’«extraréalisme» : une amélioration de la réalité à travers le filtre de l’artiste.
L’exposition en cours à Saint-André-Avellin permettra aussi à ceux qui prendront la peine de se déplacer de découvrir une série de sculptures réalisées par l’enseignant à la retraite. Celui qui a choisi comme titre très révélateur pour son exposition : « Créer avant de crever » ne se contente pas de peindre et de sculpter, il expérimente aussi par le biais du chant et de l’écriture de romans. En échangeant avec ce passionné, on sent vraiment l’urgence de créer avant la fin de ce trop court passage sur terre via plusieurs disciplines. Cela dit, il confie tout de même que l’acrylique demeure sa voie d'expression préférée. Vous pouvez voir quelques photos de certaines de ses toiles sur notre site, mais rien ne vaut une visite en personne de l’exposition, et en particulier avec un guide-interprète comme cet artiste multidisciplinaire! Faites vite, l'exposition se termine le 15 janvier prochain.
Pour voir d’autres œuvres
Il est possible de voir des œuvres non présentées dans cette exposition en visitant le site de l’artiste : www.eco-art.ca

