«Ce sont toutes des pièces uniques», explique Michelle, qui nous recevait avec vin du Mont Vézeau et cidre du verger Croque-pommes. «Elles sont tournées et sculptées à la main, en grès et porcelaine et sont autant utilitaires que sculptures. Je me sert d'émails au céladon de cuivre et aux cendres de bois...» Ce qui donne ces craquelures, effet vieillot, antique, une recette qu'elle a conçue elle-même. Son inspiration? L'Antiquité, bien sûr. Mais aussi l'Orient, le Japon et la Corée. Ses émails imitent souvent le jade. Luxe. Surtout quand le lustre du cuivre s'en mêle, comme sur une de ses oeuvres qui ressemble à un bateau phénicien. Autre inspiration: le ginko et les poissons, les premières formes de vie. «La céramique, explique-t-elle, est un art vieux comme le monde. J'ai donc du plaisir à aller chercher la mémoire qu'il y a dans ces formes.»
Quant à François, une fois son récital d'accueil au violon terminé, parce qu'il est aussi musicien génial à ses heures, il explique: «On travaille avec les mêmes glaçures mais moi, je travaille le grès qui contient de la chamotte. Ce qui donne des pièces avec une texture plus roche. Un contraste de textures plus près de la terre.» «Des couleurs chaudes», termine Michelle. «Je suis plus fonctionnel, continue notre homme. Ce que j'aime dans la vie, c'est que les gens partagent un bon repas avec de belles pièces de céramique. C'est social.»
Michelle est céramiste depuis 14 ans et en vit depuis 12 ans. Ce qui a changé depuis les débuts? «Je fais plus de porcelaine, plus de façonnage. Je travaille en transparence de couleurs. Je travaille de plus en plus en trois dimensions et je m'attarde à composer dans l'espace plus qu'à la texture et la décoration des surfaces.»

