À son deuxième passage en moins de deux mois pour courtiser l'Outaouais, l’ex-ministre péquiste a voulu échanger avec la population au sujet de leurs préoccupations face à l’avenir de la Belle Province, priorisant les quatre enjeux majeurs de son mouvement, soit l’éducation, l’économie, la santé et la culture.
Les discussions sur ce que Legault qualifie de «grand plan de rénovation du Québec», se sont étalées sur plus de deux heures et ont suscité des dizaines de questions du public, particulièrement des enseignants.
Estimant que l’immobilisme et la morosité ne peuvent plus durer à travers la province pour le bien des générations futures, Legault et Sirois croient que les Québécois méritent mieux, peu importe leur allégeance. «Pour ce qui est de la question constitutionnelle, je ne crois pas qu’il y aura un référendum dans un avenir rapproché. Alors qu’est-ce qu’on fait? On attend le grand soir pendant que le plafond coule ou on passe à l’action?», a lancé M. Legault.
François Legault juge inacceptable qu’une région prospère comme l’Outaouais ait autant de difficultés en ce qui a trait à l’éducation (taux de décrochage de 27%, 1 garçon sur 3 abandonne avant son secondaire 5), à la santé (1 personne sur 4 sans médecin de famille, durée d’attente moyenne dans les urgences plus élevée qu’ailleurs en province) ou à l’entrepreneuriat (parmi les plus bas taux parmi les 17 régions administratives du Québec).
L’une des propositions de son mouvement est une refonte partielle du secteur de l’éducation avec la suppression des commissions scolaires et une majoration du salaire des enseignants de 20% à condition que ces derniers se soumettent à des évaluations de leurs compétences. François Legault a fait face à des critiques et des points d’interrogation lors de la rencontre à ce sujet. Cette mesure coûterait 950 M$ au trésor public et l'argent proviendrait en partie des quelque 2000 postes que la Coalition souhaite éliminer dans les commissions scolaires.
Face à la statistique à l’effet que 30% des nouveaux enseignants abandonnent leur emploi dans les cinq premières années de métier, quelques enseignants ont tenu à préciser à M. Legault que par expérience, la plupart des jeunes diplômés qui ont délaissé la profession ne l’ont pas fait en raison du salaire. «Ce ne sont pas des raisons financières la plupart du temps. Le problème, c’est la lourdeur de la tâche, les conditions de travail, l’absence de soutien», a lancé l’un d’eux.
Une étudiante universitaire en enseignement s’est quant à elle fait un plaisir de rappeler à M. Legault que l’une des problématiques du système d’éducation était la réforme mise sur pied au début des années 2000 et qu’il en était l’un des principaux signataires à l’époque où il était ministre de l’Éducation.
«Le mot évaluation, c'est un mot tabou au Québec. Oui, on leur offre des hausses de salaire de 20%, mais les enseignants devront acceptés d'être évalués, comme c'est le cas dans tout autre métier» - François Legault, chef de la CAQ
Une poignée de personnalités politiques ont été aperçues dans la salle où la CAQ tenait sa consultation, dont les conseillers municipaux Luc Angers et André Laframboise ainsi que le candidat libéral dans la circonscription de Gatineau aux dernières élections fédérales, Steve McKinnon.
L’Outaouais étant la 15e région visitée en quelques semaines, la tournée provinciale de M. Legault se conclura dans les jours à venir à Montréal et Québec, après quoi un plan d’action final comprenant 12 à 16 engagements sera établi et s’ensuivra la possible création d’un parti politique.
Propositions de la CAQ… en bref
- Ramener le nombre d’immigrants accueillis de 54 000 à 45 000 par an pendant deux ans
- Hausser le salaire des enseignants de 20% tout en les soumettant à des évaluations de leurs compétences
- Injecter 25 M$ par an dans les grands festivals
- Forcer la Caisse de dépôt à investir dans les grandes entreprises du Québec
- Geler pour une période de cinq ans les subventions aux écoles privées
- Revoir la rémunération des médecins pour les inciter à prendre davantage de patients
- Abolir les commissions scolaires et les agences de santé
